De la « rééducation par le beau » au procès pour pédophilie

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Montrée en exemple dans les médias, « la rééducation par le beau » prônée par  Robert Mégel a-t-elle connu de tragiques dérives? Agé de 56 ans, cet éducateur aux méthodes très appréciées du ministère de la Justice, comparaît à partir de ce matin pour pédophilie, devant la cour d’assises de Seine-et-Marne. De 1978 à 1997, Robert Mégel dirige à Hautefeuille (77) le château des Tournelles, un institut de rééducation pour adolescents en difficulté. Son but : redonner « le goût et le respect du beau » à des garçons de 7 à  18 ans. Pour ce faire, Robert Mégel les conduit régulièrement dans des restaurants chics, des boîtes branchées ou en vacances au Maroc.  En mai 1997, la mère d’un pensionnaire mineur porte plainte. Jérôme, son fils, affirme avoir subi des viols et des masturbations lorsqu’il apportait ses petits déjeuners ou dîners au directeur, dans son appartement de fonction. En échange, l’adolescent recevait de l’argent de poche ou était autorisé à fumer.  D’autres enfants auraient rapporté le même récit, mais les actes les concernant étant prescrits, ils ne seront entendus qu’en tant que témoins. Appuyé par un comité de soutien, Robert Mégel, qui comparaît libre, a toujours nié les pratiques qui lui sont reprochées. Accusant la partie civile d’« approximations », son avocat, Henri Leclerc, compte demander l’acquittement pour son client à l’issue des trois semaines de débats.

VIP Robert Mégel aimait faire venir des célébrités au château. Danièle Mitterrand,  le violoniste Yehudi Menuhin ou Raïssa Gorbatchev s’y étaient rendus. Parmi la  centaine de témoins cités, Philippe Sauzay, l’ancien directeur de cabinet du président Giscard d’Estaing qui était membre  du conseil d’administration des Tournelles.