Journées du patrimoine 2022 à Paris : Mais au fait, comment lave-t-on les métros ?

reportage Visite de la machine qui lave les métros de la ligne 2, cachée dans les entrailles de Paris

Guillaume Novello
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Comment la RATP lave ses métros — 20 Minutes
  • A l’occasion des Journées européennes du patrimoine, samedi et dimanche, la RATP vous propose de visiter la machine à laver automatique de la ligne 2, en fonctionnement depuis mars 2022.
  • Chacun des 45 métros de la 2 a le droit à un passage hebdomadaire d’une minute et trente secondes sous les rouleaux de cette machine.
  • Cette dernière se situe dans un tunnel centenaire, après le terminus de Nation, non loin de porte de Vincennes.

Qui n’a pas admiré le coucher de soleil sur Montmartre assis(e) derrière la vitre d’un métro de la ligne 2 ? Mais qui s’est déjà posé la question du nettoyage de ces vitres ? Fort heureusement pour les rares qui se sont interrogés, 20 Minutes a la réponse. Et cette réponse, cachée dans les entrailles de la capitale, sera visible à l’occasion des Journées européennes du patrimoine*, samedi.

Il s’agit d’une machine à laver automatique, comme pour les voitures mais en plus grand, installée dans une portion de tunnel de la RATP. On y accède par une vieille galerie qui sent l’humidité depuis un quai de la station Porte de Vincennes. Après quelques mètres, on débouche sur un tunnel ferroviaire « qui date de 1900 », précise Bruno Le Morvan, responsable de la gestion des machines à laver de la RATP et qui fait office de guide. A gauche, le tunnel conduit au garage de la ligne 2 puis à la station Nation.

Encore des rames lavées à la main

A droite, non loin de là, dans un coude, apparaît la fameuse machine à laver. « C’est la dernière que nous avons installée, elle fonctionne depuis mars 2022, précise le responsable. Notre première machine a été mise en place en 1979 à Châtillon pour la ligne 13. » Aujourd’hui dix lignes de métro et quatre de RER ont été équipées d’une laveuse. Pour le reste, c’est jet d’eau et huile de coude. Et chaque métro a le droit à un grand lavage à la main une fois par mois, pour nettoyer les interstices par exemple.

« Pour éviter d’avoir un impact sur la ponctualité des trains, il faut coordonner les lavages qui sont faits en heures creuses », explique Bruno Le Morvan. La ligne 2 compte 45 rames de 75 m et chaque rame doit passer au moins une fois par semaine à la douche, ce qui donne, selon nos calculs, une dizaine de rames à laver par jour ouvré.

Et c’est Michel, 27 ans de boîte, qui s’y colle. « Par ligne, il y a deux conducteurs qui sont chargés du lavage, mais d’autres conducteurs sont formés pour assurer les remplacements, explique-t-il. Et pour la partie lavage, on fait ça de 9h45 à 13 heures. » Car Michel s’occupe aussi de la conduite des trains pour la maintenance.

Une minute trente de bonheur

Et la conduite en lavage demande un certain doigté puisque le train ne doit pas aller à plus de 3 km/h. « Dans une station-service, c’est un portique qui se déplace autour de la voiture à la vitesse d’un km/h, détaille Bruno Le Morvan. Or ici, c’est le train qui se déplace et comme c’est compliqué de rouler à moins de 3 km/h, on a multiplié par trois le nombre de rouleaux-brosse. » Et comme c’est une machine dernier cri, le réglage des jets de lavage se fait au laser, ce qui est pratique pour éviter de noyer les blocs de climatisation situés sur le toit des rames.

Le lavage dure 1 minute 30, rinçage compris et consomme 150 litres d’eau par wagon, sachant qu’une rame compte 5 wagons, soit 750 litres au total. « Sur 20 ans, on a divisé notre consommation d’eau par deux et surtout, par wagon, c’est 50 litres de moins que pour le lavage d’une voiture », compare Bruno Le Morvan. Les eaux de lavage et de rinçage, chargées en détergents, sont d’ailleurs récupérées par la RATP pour être retraitées avant d’être reversée dans la Seine.

Et astuce ménagère, pour éviter les traces de calcaire sur les vitres, le transporteur utilise une eau adoucie et des produits déperlants qui accélèrent la chute de l’eau. Que ne faut-il pas faire pour avoir des métros présentables.

* Inscriptions pour la visite mardi 13 septembre à partir de midi par ici

20 secondes de contexte

En pleine prise de conscience écologique, il nous faut avouer que pour le besoin de ce reportage, la même rame a été lavée trois fois, soit deux de trop, avec pour résultat 1.500 litres d’eau gaspillée. Pour compenser, l’auteur de ses lignes a donc décidé de ne pas prendre de douches pendant 15 jours.