La région aux bons soins de l'ARS

Hélène Colau

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Claude Evin, directeur général de l'ARS.
Claude Evin, directeur général de l'ARS. — IBO / SIPA

Améliorer la santé des Franciliens et l'efficacité du système. L'Agence régionale de santé (ARS), qui entre en fonction aujourd'hui, a du pain sur la planche. Au moment où la gestion de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est critiquée par la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France (lire encadré), l'ARS a pour mission d'assurer une meilleure maîtrise des dépenses dans la région. Elle devra également coordonner les établissements de santé et garantir l'accès aux soins pour tous.

Cibler les déserts médicaux
« La force de l'ARS, qui regroupe entre autres l'Agence régionale de l'hospitalisation et la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales, c'est qu'elle a les moyens de mettre en place des politiques plus cohérentes », résume Claude Evin, directeur général de la nouvelle instance. Pour améliorer l'accès aux soins, l'ARS va dans un premier temps cibler les « déserts médicaux », ces zones qui manquent cruellement de médecins. « On n'a pas de baguette magique, admet Claude Evin. Mais nous pourrons appuyer l'ouverture de maisons de santé. Nous souhaitons par ailleurs inciter les professionnels à s'installer, par exemple en les aidant à trouver des locaux et un secrétariat. La télémédecine est aussi une piste. »
Autre mission : développer la prévention. « Les transports en commun sont un lieu privilégié pour communiquer sur la nutrition, souligne le directeur. Il faut aussi donner aux médecins les moyens d'agir en rémunérant les consultations consacrées à la prévention. » Pour ce qui est de la maîtrise des dépenses, Claude Evin préfère parler de « pédagogie ». « Déjà, on n'a pas besoin de soins quand la prévention est efficace. Ensuite, il s'agit de bien organiser les filières : pourquoi laisser une personne âgée à l'hôpital quand elle serait bien mieux dans un établissement pour personnes dépendantes ? Même si la santé n'a pas de prix, quelqu'un va finir par compter. Autant que cela soit fait dès le début du parcours de soin, en prenant en compte l'intérêt du patient. »

Hôpitaux de Paris

« L'ARS ne rentrera pas dans la gestion de l'AP-HP, mais sera sa vigie, affirme Claude Evin. Le rapport de la chambre des comptes confirme qu'il faut mieux organiser les services, pour faire des économies mais aussi dans l'intérêt des patients. »