SDF: Après l'urgence, une étape vers la réinsertion

SOCIAL Le centre d'hébergement Oscar-Roty offre une solution plus pérenne pour les sans-abris...

Anthony Nataf

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Nassim, 31 ans, diplômé en langues, vivait sous une tente à Paris avant d'arriver au centre.
Nassim, 31 ans, diplômé en langues, vivait sous une tente à Paris avant d'arriver au centre. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Vers 9h, les résidents s'installent au compte-gouttes dans la salle commune pour prendre leur petit-déjeuner. Ici, il n'y a pas d'heure imposée pour le lever. Le centre d'hébergement Oscar-Roty, à Paris (15e), a ouvert il y a trois semaines, pour coller avec la fin de l'hiver.

 

Trente occupants

 

La Ville de Paris a prêté des locaux à la structure, gérée par l'association Aurore et financée par L'Etat, pour une période de dix-huit mois. Elle propose aux sans-abri un cadre plus pérenne que les hébergements d'urgence à la nuitée ou les gymnases réquisitionnés dans le cadre du plan hivernal.

Ses trente occupants, logés dans des chambres de deux ou trois personnes, sont admis pour un mois renouvelable. Le mobilier, les draps et les vêtements neufs ont été donnés par une grande surface. Loin du tumulte de la rue, la volonté est d'offrir un cadre plus humain et serein, qui permet de libérer du temps de vie pour penser à se réinsérer.

 

«Ici, ils peuvent reprendre pied »

 

«Ça permet de poser les valises, de rebondir», explique Fabrice, 42 ans, qui a vécu dans la rue pendant des années. Il raconte ses nuits passées dans les hébergements d'urgence. Le départ forcé tôt le matin, les vols, la saleté écœurante des sanitaires, les bagarres et le personnel submergé. «C'est impossible de trouver du boulot dans ces conditions, témoigne-t-il. On devient sale, il faut trouver de la nourriture et chercher une place pour la nuit suivante.»

«Ici, ils peuvent reprendre pied, explique Alain Mesnoua, le responsable du centre. On les incite à faire des démarches. Puis, à la troisième fiche de paie, on peut passer à la recherche d'un logement. En plus, le fait que certains s'en sortent motive les autres.»

Seul bémol, l'établissement pourrait être utilisé par le Samu social pour de l'hébergement d'urgence avant le délai prévu de dix-huit mois. «Ça va tout casser», déplore Alain, qui espère que d'ici là, un tiers des résidents aura un emploi. Fabrice aura peut-être la chance de ne pas rester à Oscar-Roty jusque-là. Hier soir, il passait un entretien pour un poste de barman, qu'il a de bonnes chances de décrocher.