les policiers babas après le casse de lcl

William Molinié

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Hier, l'agence LCL de l'avenue de l'Opéra était encore sous haute surveillance.
Hier, l'agence LCL de l'avenue de l'Opéra était encore sous haute surveillance. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les vieux briscards de la police se frottent les mains. « C'est des beaux mecs qui ont fait ça. Heureusement, il y en a encore, mais ils se font rares. Des aristocrates du cambriolage », lâchait hier après-midi un commissaire divisionnaire parisien. Ce casse « à l'ancienne » amuse beaucoup moins les policiers de la brigade de répression du banditisme (BRB) chargés de l'enquête. Laquelle s'annonce difficile.

Entre 150 et 200 coffres ouverts
Dans la nuit de samedi à dimanche, au moins trois malfaiteurs se sont introduits en passant par les caves voisines dans la salle des coffres d'une agence LCL, avenue de l'Opéra (9e). Pendant près de neuf heures d'affilée, en toute discrétion, ils ont ouvert entre 150 et 200 coffres de particuliers (sur 500). Avant de repartir, ils ont mis le feu à l'agence pour effacer toute trace. « Les investigations sont très difficiles. Il a fallu sécuriser les lieux avant d'intervenir. Les empreintes sont rares », détaille-t-on à la direction de la police judiciaire de la préfecture de police (PP). Seul le témoignage du vigile qui surveillait l'agence en travaux, ligoté par les malfaiteurs, pourrait apporter des indications. « Mais il a été tenu en joug, tête contre le mur, pendant toute la durée de l'opération. ça va être maigre », prévient une source policière. Le même mode opératoire a été observé dans la nuit du Nouvel An à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Des individus avaient percé le plancher d'une Caisse d'Epargne et ouvert 117 coffres. « La méthode ressemble à celle utilisée par Spagiarri en 1976 pendant le casse de la Société générale à Nice. Il était passé par les égouts », rappelle Olivier Lebon, secrétaire régional chez Alliance, ­deuxième syndicat de gardiens de la paix. Seuls quelques témoins ont vu, dimanche matin, quatre individus, encagoulés, quitter les lieux. Entre policiers, on parle de voleurs « chevronnés », sans doute « des anciens ». « Pas forcément des vieux. Je dirais la trentaine mais qui ont de la bouteille et un réseau de revente important. Leurs bijoux, il va falloir les écouler », avance Philippe Vénère, ancien commissaire en poste pendant 27 ans à la police judiciaire de Paris.

Préjudice difficile à estimer
Pour l'heure, les 125 clients concernés par le vol sont dirigés vers une autre agence LCL pour entamer les procédures de remboursement. « Le dépositaire des fonds – la banque – est responsable. Elle doit apporter les garanties de protection des biens confiés », rappelle Francesco Abawi, juriste à l'Association d'aide contre les abus bancaires. Mais les clients doivent prouver que leurs objets étaient dans le coffre au moment du vol. « Le butin sera difficile à chiffrer. Le liquide, s'il est dans un coffre, c'est qu'il y a une raison », explique une source proche de l'enquête, en référence à de potientielles évasions fiscales.