Petites tractations entre amis politiques

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Dès 23 h, les discussions entre les différentes forces de gauche ont débuté hier soir. Bien que partis chacun de leur côté au premier tour, PS, Europe Ecologie (EE) et Front de gauche n'ont jamais fait mystère de leur intention de fusionner au second tour. « Nous allons appliquer la règle de trois pour nous répartir les positions éligibles, ça va nous rappeler l'école primaire », souligne un cadre PS. Mais l'équation n'est pas si simple pour le Parti socialiste. Ils ont aussi comme impératif de conserver les places confiées aux alliés du premier tour, comme le PRG et le MRC, et de préserver l'objectif de renouvellement et de diversité des candidats. Et bien sûr, respecter la parité hommes-femmes. « Des candidats risquent d'être switchés d'un département à l'autre, c'est un peu moche, mais ça s'était déjà fait la dernière fois », confie un responsable communiste. Pas question, dit-on au Front de gauche, de se mettre d'accord sur un programme unique. « ça ne serait pas honnête vis-à-vis des électeurs. Nos élus, une fois au conseil régional, continueront à porter notre programme. » EE prend le problème dans l'autre sens : « Pour nous, les négociations avec le PS ne sont pas une discussion syndicale. Il s'agit avant tout de trouver des convergences sur le programme », explique Jean-Vincent Placé, directeur de campagne d'EE. Le parti écologiste entend récupérer une délégation clé, comme les transports ou les finances. « Nous allons nous mettre d'accord sur cinq, six ou sept mesures à prendre dans les trois premiers mois de la mandature. » Lesquelles? Aucun parti ne prend le risque de le dire. « Le programme du PS n'est pas très engageant, poursuit Jean-Vincent Placé. Mais il a le défaut de ses qualités : il ne contient rien de rédhibitoire non plus. »alexandre sulzer