plus jamais sans prof

Hélène Colau

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« Nous n'avons pas assez de parents agriculteurs pour déverser du lisier sur le ministère, ni assez de chauffeurs routiers pour bloquer les routes. Alors nous déposons plainte. » Hier, Daniel Garrault, président des parents d'élèves de l'école Joliot-Curie, à Pantin (Seine-Saint-Denis), est allé poster cinquante recours contre le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel. Sa requête : « Un enseignant devant chaque élève, chaque jour, partout sur le territoire. »

Dix-huit instits en un an
D'après les parents, dans chacune des cinq écoles pantinoises où sont inscrits leurs enfants, une classe au moins a subi une absence de plus de quinze jours non remplacée. « L'une d'elles a vu passer 18 instituteurs en un an, faute de remplaçant stable », assure Daniel Garrault. « Depuis un an, mon fils est ballotté de classe en classe et de prof en prof, rapporte Fatima. Je ne sais jamais quel programme il doit suivre ni quels devoirs lui faire faire. J'ai même dû refuser un poste pour m'occuper de sa scolarité. Après ça, qu'on ne s'étonne pas si les jeunes vont jeter des pierres sur les écoles. » Sarah a essayé de combler comme elle pouvait le retard accumulé par son fils. « J'ai fait des recherches sur Internet pour trouver les programmes de CE1 et l'aider à travailler. » Le fils de Corinne est en petite section à l'école Georges-Brassens. « Par deux fois, j'ai vu un seul instit prendre en charge trois classes, soit 90 enfants. Cela pose d'évidents problèmes de sécurité. » Les parents espèrent déposer une centaine de nouvelles plaintes dans trois semaines. « Et si l'an prochain, rien n'a changé, nous demanderons un dédommagement, promettent-ils. Ça coûtera plus cher que de payer des enseignants. »

La FCPE 93 organise ce soir une formation avec un avocat pour aider les parents qui souhaitent déposer un recours contre le ministre. Inscription à fcpe.cdpe.93@wanadoo.fr.