Troisième procès pour les déboulonneurs parisiens

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Cinq panneaux publicitaires avaient été peints en janvier 2008 par des déboulonneurs.
Cinq panneaux publicitaires avaient été peints en janvier 2008 par des déboulonneurs. — G. PELE / SIPA

Vendredi à 9 h, deux militants antipub du Collectif des déboulonneurs comparaîtront devant la 13e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, pour avoir peint en janvier 2008 cinq panneaux publicitaires sur les Champs-Elysées (8e). En parfaits habitués de l'exercice, plusieurs membres du collectif ont organisé, hier au premier étage d'un bistrot du quartier des Halles (1er), une conférence de presse pour présenter les enjeux de ce troisième procès parisien. « Nous rêvons de la relaxe. Cette prise de conscience serait un premier signal fort adressé aux politiques », explique Yvan Gradis, 51 ans, écrivain et militant antipublicité. Les membres du collectif, né en 2005, commencent à devenir des professionnels des opérations de désobéissance. A Paris, une fois par mois, plusieurs individus se donnent rendez-vous pour peindre des affiches publicitaires, qu'ils jugent ­« illégales ». Les policiers procèdent alors, la plupart du temps dans le calme, à leur interpellation. Pour l'instant, le jugement le plus sévère, rendu par la cour d'Amiens (Somme), a été de 600 € d'amende.
Pour la première fois, vendredi, le procès impliquera des récidivistes, qui risquent une peine plancher de deux ans d'emprisonnement. Six autres déboulonneurs, « comparants volontaires », demanderont à être jugés en même temps que les deux prévenus. Ils n'ont pas été interpellés, mais assurent avoir participé au barbouillage. Le collectif a demandé, en vain, à Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, de venir témoigner à l'audience. « On dirait que son cabinet boude un peu. On ne sait toujours pas si elle va venir », confie un militant. D'après lui, plus de trois cent mille panneaux en France ne respecteraient pas la loi sur la publicité, datant de 1979.William Molinié