Cette semaine, le Louvre s'ouvre aux femmes

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Une quinzaine de femmes ont participé à la visite gatuite.
Une quinzaine de femmes ont participé à la visite gatuite. — S. Pouzet / 20 Minutes

« Le Louvre a une image élitiste. Il nous faut réparer ce défaut d'accès. » Fabienne Martet, chargée de la fidélisation des publics « qui pensent qu'ils n'ont pas leur place au musée », organise toute l'année des visites gratuites* à destination des personnes précaires, des réfugiés, des jeunes sous protection judiciaire, des SDF… Cette semaine, à l'occasion de la Journée de la femme, des parcours à travers les collections du Louvre ont été spécialement pensés pour un public féminin. Les thèmes vont de « Parures et bijoux dans l'Antiquité » à « La femme orientale », en passant par « La parité » et « Le mariage ». « Souvent, ce sont les femmes qui sont les plus exclues, remarque Fabienne Martet. Certaines habitantes de banlieue n'ont jamais vu Paris. D'autres viennent d'arriver en France et ne parlent pas la langue. Il est important de les aider à conquérir la culture du pays, c'est un pas vers la citoyenneté. »
Hier après-midi, une quinzaine de femmes du centre social Georges-Brassens de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) sont venues découvrir « La femme et l'enfant dans la peinture ». Certaines d'entre elles, inscrites à un cours d'alphabétisation, ne connaissent que quelques mots de français. « Ce n'est pas grave, je vais parler distinctement », promet la conférencière. La visite commence par des scènes familiales peintes au XVIIe siècle. « Vous voyez, la femme est derrière l'homme. Comme il travaillait la terre, il avait le droit de s'asseoir à table. » « Mais c'est elle qui prépare à manger, quand même ! », lance une visiteuse, indignée. Devant La Mère laborieuse, de Chardin, le visage de Sulbiye s'illumine. Elle montre du doigt les ciseaux représentés sur la toile et mime les gestes de la couturière. Un peu plus loin, Aminata, enthousiasmée par un immense portrait au pastel de Mme de Pompadour, dégaine son portable et mitraille le tableau. « La robe est très belle, et cet endroit aussi. » « Je n'avais jamais osé venir au Louvre, avoue Suzanne, qui squatte le premier rang depuis le début de la visite. Je ne pensais pas que ce serait aussi attrayant pour nous. Mais là, c'est trop beau. » Kaltouma, elle, ne compte pas s'arrêter là. « C'est sûr, je vais revenir avec mes enfants. »