A Paris, Huchon veut des transports «toute la nuit le samedi soir»

INTERVIEW Jean-Paul Huchon, président sortant de l’Ile-de-France et candidat à sa succession, présente en exclusivité dans 20 Minutes le volet transports de son programme...

Propos recueillis par Alexandre Sulzer

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Jean-Paul Huchon le 31 janvier 2010 à Paris.
Jean-Paul Huchon le 31 janvier 2010 à Paris. — SIPA
Pensez-vous que les usagers franciliens soient satisfaits du réseau de transport actuel ?
Il est l’un des plus efficaces et denses du monde. Dans toutes les enquêtes, les trois quarts des gens sont satisfaits. Mais il existe des points noirs: les RER A, B, C et D et leur fonctionnement pour le moins erratique même si des améliorations sont visibles. Les contrats entre le Syndicat des transports d’Ilede-France (Stif), la RATP et la SNCF ne sont pas exécutés d’une manière totalement satisfaisante par ces entreprises. Cela nous conduira en 2010 à revoir les exigences des contrats: confort, fréquence, accessibilité…

Quel est votre projet pour un futur mandat ?
Je mènerai l’application la plus rapide possible de notre plan de mobilisation de 18 milliards d’euros sur dix ans. Nous envisageons une nouvelle tarification: la gratuité pour les jeunes en insertion - ceux qui ont ni emploi ni qualification - qui sont environ 150.000 en Ile-de-France. Nous proposons d’étendre le bénéfice de la carte Imagine’R à tous les jeunes de moins de 25 ans qui ne sont pas salariés. Nous souhaitons le dézonage de Navigo le week-end et les jours fériés sur toute l’Ile-de-France, et rendre le ticket t+ valable 1h30 pour les correspondances bus, tramway et métro.

Pourquoi ne pas avoir modifié le ticket t+ avant ?
Cette nouveauté a un coût pour le Stif. Il y avait des choix budgétaires à faire, notamment l’augmentation de l’offre de bus et de métros.

Quel sera le coût de ces modifications tarifaires ?
Il se situera à une centaine de millions d’euros par an maximum. Nous espérons, au Stif, une amélioration du financement des entreprises et des contributions publiques. Nous verrons cela avec les départements et la Ville de Paris.

Pourquoi ne pas dézoner complètement Navigo ?
A terme, il faudra réfléchir à une tarification qui prenne en compte la qualité du transport offert. Mais ce serait déraisonnable de le proposer maintenant car c’est contradictoire avec nos engagements: la priorité, c’est la qualité de l’offre. Or, le coût du Navigo à prix unique – 800 millions d’euros - ne peut pas être combiné avec une amélioration du système de transport.

Que pensez-vous du pass Navigo «intelligent», qui calcule le tarif le plus avantageux, proposé par votre rivale UMP Valérie Pécresse ?
Ça relève plus du gadget que d’une politique sérieuse de transports.

Allez-vous commander de nouveaux Franciliens [nouveau train de banlieue] ?
La deuxième vague d’environ 200 rames doit se discuter dans les mois qui viennent, avec un appel d’offres conclu avant l’automne. En 2015, il n’y aura pas un train SNCF de plus de dix ans, contre trente-cinq en moyenne aujourd’hui.

Vous parlez de qualité de l’offre. Que comptez-vous faire ?
Nous voulons avancer l’horaire des trains du matin pour ceux qui travaillent en horaires décalés, sur les réseaux où l’on travaille tôt comme Roissy ou Rungis. Nous voulons renforcer l’offre de Noctilien en tendant vers un objectif d’une fois et demie la fréquence actuelle. Nous souhaitons étendre l’offre du samedi soir – idéalement toute la nuit –, sur tout ou partie du RER et sur certains métros. Nous voulons un avantage tarifaire pour les porteurs de Navigo dans les parcs relais. Enfin, nous allons engager avec les départements l’harmonisation des tarifs des cartes seniors.