La vie de château pour les exclus

SOCIAL Plus de 600 personnes défavorisées étaient invitées lundi à Versailles...

Malik Touzri

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L'appréhension était palpable lundi matin à l'arrivée d'un flot inhabituel de visiteurs dans la cour du château de Versailles (Yvelines), normalement fermé le lundi. Plus de 600 personnes défavorisées étaient invitées à arpenter les galeries du domaine à l'initiative de la Fondation Total. Des jeunes de banlieue, des retraités ou encore des réfugiés étrangers ont ainsi découvert l'histoire du château dans les premières salles d'exposition, dans les Grands Appartements ou encore à travers l'exposition «Louis XIV, l'homme et le roi».


Une valeur symbolique forte

Parmi les trente-six groupes présents, une mission sociolinguistique d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), composée d'une dizaine de jeunes originaires des quatre coins du monde. «Au-delà de l'intérêt pédagogique de cette visite, les accueillir à Versailles a une valeur symbolique très forte. D'autant qu'ils n'ont que très rarement l'occasion de sortir de leur enfermement culturel», expliquent leurs responsables. «Je n'étais pas très emballé au départ, parce que je ne connaissais pas ce château. Mais j'apprends énormément sur l'histoire de France», s'enthousiasme un jeune. Comme lui, les participants écoutent la conférencière attentivement, le sourire aux lèvres. Pour Catherine Ferrant, déléguée générale de la Fondation Total, «la beauté permet à toutes ces personnes en situation d'exclusion de se familiariser avec la culture». L'accès à celle-ci reste délicat dans les milieux défavorisés, assurent les organisateurs. Pour eux, «le problème n'est pas seulement d'amener la banlieue dans les musées, mais aussi de transporter les lieux culturels en banlieue». Un prochain défi.