Distribution d'argent annulée : deux jeunes comparaissent

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Poursuivis pour violences lors des troubles du 14 novembre dernier au pied de la tour Eiffel, Karim, 21 ans, et Jordan, 19 ans, comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel de Paris. La distribution de billets s'était transformée en véritable « émeute » après l'annulation de l'événement à la dernière minute. La colère de certaines des 5 000 à 7 000 personnes présentes avait alors dégénéré en jets de projectiles en tous genres, dégradations et violences.

Les deux jeunes sont soupçonnés d'avoir jeté des pierres sur les forces de l'ordre. Comme preuve, une pierre de 3 cm de large a été ramassée aux pieds des deux jeunes, place Joffre, et mise sous scellé. « Plutôt des graviers du Champ-de-Mars », ironise la présidente du tribunal. Les deux policiers qui se sont constitués partie civile n'ont pas été blessés. Les prévenus nient « formellement » avoir participé aux violences. « Ça a dégénéré. On a vu des gens qui jetaient des projectiles sur la police. Ça volait de partout. On s'est écartés et on a regardé », raconte Karim. Les policiers ont indiqué avoir repéré les deux jeunes dans la foule, trop loin pour intervenir dans l'instant. Une heure après, ils les ont reconnus et interpellés. Un dossier vide pour les deux avocates de la défense. « Ils ont été confondus par leur seule tenue vestimentaire, alors que des centaines de jeunes ce jour-là portaient un jean, des baskets et une capuche », a noté Me Farah Touhami. « Les policiers étaient trop loin pour les interpeller, mais pas pour les reconnaître », s'étonne Me Zoé Royaux, qui dénonce « un délit de sale gueule ». Le procureur a requis 6 mois de prison avec sursis et 120 heures de travaux d'intérêt général. Le jugement sera rendu lundi prochain. Demain, deux autres personnes comparaîtront pour dégradations. W

Anthony Nataf