Une passerelle entre la prison et l'emploi

Sophie Cois

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Dix-sept détenus sur quarante ont terminé avec succès ce parcours vers la réinsertion.
Dix-sept détenus sur quarante ont terminé avec succès ce parcours vers la réinsertion. — M. DOVIC / 20 MINUTES

Un travail pour ne pas récidiver. Depuis un an, le programme « Passeport emploi des détenus » aide des prisonniers en fin de peine à se réinsérer dans la vie professionnelle. Lancé en partenariat avec le ministère de la Justice, l'administration pénitentiaire, le Medef 93, le Gepsa (service pénitentiaire d'insertion et de probation) et l'institut Rand- stad, le programme a accueilli une quarantaine de candidats incarcérés à Villepinte (93) et Fleury-Mérogis (91). Mais le parcours vers la réinsertion n'est pas simple, et seuls dix-sept ont fini le programme avec succès.

Parmi eux, Marc*, 42 ans, termine une peine de sept ans de prison. Il est aujourd'hui en liberté conditionnelle. « Ce projet m'a permis de monter un projet professionnel alors que j'étais encore en maison d'arrêt. J'avais déjà essayé de prendre des initiatives par moi-même, mais j'ai connu deux échecs, avec des employeurs qui ne m'ont finalement pas engagé », explique-t-il. C'est le travailleur social des services pénitenciers en charge de Marc qui lui a parlé du projet et l'a incité à s'inscrire à une session de technique de recherche d'emploi.

« J'ai pu monter un projet avec l'aide d'un tuteur professionnel. Avec mon expérience d'avant la prison, je ne pensais pas en avoir besoin, mais j'ai finalement appris beaucoup de choses sur comment combler les trous dans mon CV ou comment aborder les recruteurs », raconte-t-il.

Après une formation de trois mois, Marc a trouvé un emploi de cariste dans un entrepôt de produits frais en Seine-Saint-Denis. Il espère faire une formation qui devrait lui permettre de reprendre son ancien métier de chauffeur poids lourds. « L'avantage, avec ce projet, c'est qu'on sait que l'employeur ne nous laissera pas tomber à la sortie, affirme-t-il. C'est sûr qu'il y a des années que je ne pourrai pas rattraper, mais maintenant je me projette dans le futur. Ma réinsertion se passe bien. Et le travail, c'est la stabilité. »

« Le bilan est plutôt encourageant, estime de son côté Ana De Boa Esperança, chef de projet pour Randstad. Il y a encore des difficultés administratives, des candidats qui abandonnent, mais ce résultat nous donne envie de continuer et d'inciter plus de détenus à participer au projet. » W

* Le prénom a été modifié.