Sarkozy installe son atelier d'architectes

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Les architectes du Grand Paris remis au centre du jeu. Les dix équipes d'urbanistes-architectes qui ont planché depuis un an et demi sur le Grand Paris à la demande du président de la République ont été reçues hier à l'Elysée pour l'installation d'un Atelier international du Grand Paris (AIGP).

Déçus par le projet de loi du secrétaire d'Etat Christian Blanc, les relations des architectes avec le gouvernement s'étaient tendues récemment. Nicolas Sarkozy les a « rassurés », selon le plus connu de tous, Jean Nouvel, qui avait demandé la démission de Christian Blanc. « On repart sur une dimension urbaine qui va intéresser chaque Parisien », se réjouit le créateur du bâtiment du musée du quai Branly, alors que son collègue Roland Castro précise que les dix rendront compte de leurs travaux au chef de l'Etat tous les trimestres. Car les architectes se retrouvent au coeur du dispositif présidentiel. Ils constituent le conseil scientifique de l'AIGP, doté de 3 millions d'euros et peut-être de 10 dès 2010. Installés au palais de Tokyo (16e), ils réfléchiront aux projets à mener dans l'agglomération et animeront des ateliers thématiques et géographiques (mobilité, logement ou encore sécurité publique). Par exemple, celui sur « la nouvelle géographie de la ville » doit définir une limite au Grand Paris mais aussi définir sa « skyline », son paysage urbain.

Des opérations d'aménagement doivent être lancées à partir de ces réflexions. L'imbroglio juridique, qui aurait empêché les architectes de participer à des appels d'offres qu'ils ont eux-mêmes contribué à élaborer, aurait été levé. Le conseil d'administration de l'AIGP sera constitué de politiques (gouvernement, région, Ville de Paris...). Un « label Grand Paris » devrait être créé pour certaines décisions et il pourra déclencher des cofinancements. W

Alexandre Sulzer