Fausses plaintes pour vol: «On s'appuie aussi sur la vidéosurveillance»

INTERVIEW Maurice Signolet, commissaire divisionnaire, chef du service d'investigations transversales de la préfecture de police de Paris...

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Comment savez-vous qu'un tiers des plaintes pour vols de mobile avec violences sont fausses?

C'est une estimation. Toutes ces dépositions sont décortiquées par dix policiers. Chaque téléphone émet un signal aux antennes. Nous pouvons donc repérer un mobile et apprécier s'il a été vraiment volé, selon ses déplacements. Ou alors, une personne qui nous dit : «On me l'a arraché à l'oreille», je doute, parce que ce n'est pas un procédé habituel. On s'appuie aussi sur la vidéosurveillance pour contrôler si les faits se sont déroulés comme sur le procès-verbal.

Quels problèmes cela pose-t-il

C'est clairement une escroquerie à l'assurance. Ensuite, ça fausse nos chiffres. Et donc notre action. Car ce qu'on recherche surtout, c'est celui qui commet dix ou quinze vols dans la même semaine, pour l'intercepter en flagrant délit.

Les auteurs des fausses plaintes sont-ils poursuivis ?

Non. On préfère travailler avec les professionnels pour demander plus de sérieux lors des ventes.

Recueilli par W. M.