le musée de la Butte désargenté

Mélanie Chaluleau

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Depuis 1999, le musée souffre d'un déficit chronique allant de 150 000 à 300 000 euros par an.
Depuis 1999, le musée souffre d'un déficit chronique allant de 150 000 à 300 000 euros par an. —

« Cinquante mille visiteurs par an, ce n'est pas assez ! », gronde Daniel Vaillant, le maire (PS) du 18e. Situé au 12, rue Cortot, l'hôtel de Rosimond qui abrite 6 000 oeuvres d'art et un fonds de 100 000 documents est en mauvaise posture. Depuis l'annonce le 12 novembre par la Mairie de Paris que la subvention 2009 de 124 000 euros ne serait pas versée, l'association Société d'histoire et d'archéologie du vieux Montmartre, qui gère le lieu, craint une fermeture définitive.

« Nous essayons de voir tout ce qui peut être fait pour préserver le musée. Nous sommes en contact avec un repreneur, mais présenter un projet ficelé rapidement, c'est utopique », se désespère Daniel Rolland, l'administrateur du site. Pourtant, l'ultimatum est clair. « La subvention a été budgétée, mais pas versée. La Mairie de Paris attend un plan de redressement », explique Carine Rolland, adjointe à la Culture de la mairie du 18e. Depuis dix ans, le musée souffre d'un déficit chronique allant de 150 000 à 300 000 euros par an. En 2006, le conservateur démissionne. Il n'est pas remplacé, « faute de moyens ». La direction de l'époque opte pour des expositions thématiques. Des choix remis en cause par la majorité des élus du 18e qui préféreraient un lieu recentré sur l'histoire du quartier et la Commune. Daniel Rolland, lui, est fataliste. « Une fois le musée mort et les collections dispatchées, la Mairie va lancer un appel à projets et trouver un repreneur privé. » W