Deux classes sur les bancs du Conseil de Paris

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« Ils votent, discutent de choses sérieuses, et après d'autres gens votent. Les idées que les citoyens n'ont pas trouvées bien, ils ne les prennent pas », analyse Maïa, 8 ans, à la sortie de la salle du Conseil. Hier, deux classes de CM1, âgées de 8 à 10 ans, de l'école de La Brèche aux Loups, à Paris (12e), étaient invitées à découvrir l'Hôtel de Ville et à assister aux délibérations du Conseil de Paris. L'occasion de saisir leur regard sur leurs institutions.

« Ils ont tous dit qu'ils voulaient voir Bertrand Delanoë et Rachida Dati », relève Solène Alby Bela, une de leurs enseignantes. Mais qu'en pensent les principaux intéressés ? Pour Etienne, le rôle des élus est de « construire des écoles, pour que les enfants apprennent à compter, à lire et à être respectueux. » « On se fait élire pour s'occuper de la Ville de Paris avec le maire », explique Alima. Julien, 9 ans, confie que le Conseil lui a « un peu donné envie de faire de la politique ». Mais attention, « pas d'être président. Il y a trop de responsabilités, et on n'a pas de temps. En revanche, on est riche ! » Et Jésus de le reprendre : « C'est pas l'argent qui fait le bonheur ! »

« L'Hôtel de Ville doit être un lieu ouvert pour que les petits Parisiens se saisissent de leur patrimoine et aient un rapport à la citoyenneté », explique Colombe Brossel, adjointe (PS) chargée de la Vie scolaire. L'année dernière par exemple, quatre classes de CM1 et CM2 avaient débattu dans l'Hémicycle à la place de leurs aînés. A l'ordre du jour, hier au Conseil, plusieurs discussions sur l'environnement. Là encore, les écoliers réagissent. « L'écologie, c'est remplacer toutes les voitures par des métros », retient Hugo. Les notions fusent. Ils lancent en choeur « recycler les déchets », « l'écoparticipation » ou encore « plus de logements dans le monde et moins de famine ». La vérité sort de la bouche des enfants, dit-on. W

Anthony Nataf