Delanoë amer sur Jean-Bouin

Magali Gruet

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« Je trouve assez moche que l'on vienne me chercher là-dessus, non pas pour me faire condamner, mais pour semer le doute. J'ai l'image de quelqu'un d'assez réglo et ça énerve, donc on s'attaque à ça. » Bertrand Delanoë, interrogé en marge du Conseil de Paris sur sa convocation, le 2 décembre prochain, devant deux juges d'instruction parisiens, était en colère hier. En cause : l'attribution, en 2004, d'une concession à l'association Paris Jean-Bouin - partenaire de Lagardère - sur le stade du même nom, aux dépens d'un autre club, le Paris Tennis (lire encadré). Les juges enquêtent sur un éventuel favoritisme, une thèse que la Ville rejette. « Il s'agit d'un débat de nature administrative », a assuré hier Pascal Cherki, adjoint (PS) chargé des Sports à l'époque. Ajoutant que « si quelqu'un doit être mis en examen, c'est [lui] ». Delanoë a expliqué qu'il irait chez le juge « au nom du Conseil de Paris », mais « j'ai beau retourné le sujet dans tous les sens, je ne vois pas où est la culpabilité (...). J'irai chez le juge sereinement, je ne comprends pas l'enthousiasme de l'opposition sur le sujet. »

L'UMP a en effet ouvert la séance avec une intervention sur le renouvellement de la concession du stade, qui arrive à expiration le 20 janvier, et qui doit être attribuée, encore une fois, soit à Lagardère, soit au Paris Tennis. L'UMP veut aussi suspendre toute décision en attendant que le tribunal tranche la légalité de la concession précédente. « Le minimum est d'attendre que la justice se soit prononcée », a lancé Jean-François Lamour (UMP). « Je vais voir comment gérer le temps jusqu'au 20 janvier », a répondu Delanoë. Avant d'exploser : « Quand j'étais dans l'opposition, il s'est passé des trucs beaucoup plus moches (...). Par rapport aux entreprises privées, je suis totalement libre, je ne dois rien à personne, je n'attends rien de personne. Quand je pars en vacances, c'est moi qui paie la maison, quand je rentre chez moi le soir aussi. J'ai beaucoup de défauts, mais pas sur ce terrain-là. » W