La Révolution du droit

Anthony Nataf

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Un sifflet d'officier de paix, visibleaux Archives nationales.
Un sifflet d'officier de paix, visibleaux Archives nationales. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

En 1789, les révolutionnaires français font tomber l'Ancien Régime. L'Assemblée constituante entreprend alors de rénover le système judiciaire tout en assurant la continuité des affaires en cours. De demain au 15 février prochain, l'exposition « La Révolution à la poursuite du crime ! », aux Archives nationales à Paris*, présente une fresque de cette période de transition entre 1790 et 1792. Environ 80 objets, saisies, manuscrits, procès-verbaux, ou autres comptes rendus d'interrogatoires, livrent un témoignage de la vie quotidienne de l'époque. On découvre le matériel saisi d'un faux-monnayeur, avec ses tampons gravés dans le bois, ou encore les éléments d'une expertise graphologique.

Mais l'exposition plonge aussi dans la volonté des révolutionnaires d'en finir avec la justice de l'ancien régime. « Cette rénovation profonde passe souvent inaperçue dans l'histoire à cause des tribunaux de la Terreur », explique Régis Lapasin, chargé d'études au musée de l'Histoire de France. Face à des procédures inquisitoires, secrètes, où les intérêts de l'Etat priment, la Constituante impose l'instruction, la publicité des débats et la légalité des peines. C'est cette initiative de justice égalitaire qui est aussi montrée aux Archives, où l'on pourra admirer le premier Code pénal de 1810, élaboré en à peine deux mois. W

* 60, rue des Francs-Bourgeois (3e). Tarif : 3 euros, réduit : 2,30 euros. Rens. : 01 40 27 60 96.