Les voleurs de canards se sont brûlé les ailes

JUSTICE La justice se penche sur un trafic de journaux parallèle à Paris...

William Moliné

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Le gouvernement va reporter d'un an l'augmentation des tarifs postaux pour la presse et doubler la part de ses dépenses de communication destinées aux journaux face à la crise, a annoncé vendredi Nicolas Sarkozy en clôturant les états généraux de la presse.
Le gouvernement va reporter d'un an l'augmentation des tarifs postaux pour la presse et doubler la part de ses dépenses de communication destinées aux journaux face à la crise, a annoncé vendredi Nicolas Sarkozy en clôturant les états généraux de la presse. — Hocine Zaourar AFP/Archives

Les présentations auront duré près de deux heures hier, lors du premier jour d'audience à la 10e chambre correctionnelle de Paris. Le temps d'appeler chacun des trente-sept prévenus, et de les placer dans deux boxes. Trente-sept livreurs, kiosquiers ou vendeurs de journaux comparaissent pour vols en bande organisée et recels habituels de journaux.

Entre 2001 et 2004, ils auraient empoché environ 3 millions d'euros par an grâce à un système souterrain de revente des journaux à Paris.

Au moment des faits, la police avait évalué qu'entre 800 et 3.000 exemplaires du Figaro auraient disparu tous les jours. Sans compter ceux de L'Equipe, du Parisien, de Libération ou du Monde. «Les responsables des quotidiens ont constaté une diminution des ventes à Paris. Mais elle n'était pas liée à une baisse du lectorat», explique un avocat des parties civiles.

«On livrait aussi des ppaquets gratuits de journaux aux policiers ou aux pompiers»

Les exemplaires étaient revendus dans plusieurs endroits de Paris, soit par des vendeurs à la sauvette aux portes de la capitale, soit par des kiosquiers parisiens complices. «On se faisait environ 300 euros par semaine, parfois plus», explique à la barre un chauffeur-livreur. Un véritable marché parallèle de journaux s'organise. Les échanges sont fréquents : dix Libération pouvaient s'échanger contre deux exemplaires de Paris Match, plus rares.

«On livrait aussi des paquets gratuits de journaux aux policiers ou aux pompiers, lâche un prévenu à la barre. Et ils faisaient la gueule quand on ne leur donnait pas», confie un autre, dans les couloirs du tribunal.

Les juges vont tenter de faire la lumière sur les responsabilités de chacun. Du simple revendeur à la tête pensante de l'opération. Certains risquent jusqu'à sept ans d'emprisonnement. Le procès se poursuit jusqu'au 25 novembre.