la poubelle des franciliens est plus chère

Mickaël Bosredon

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Une hausse qui sent mauvais. Dans un rapport qui sera présenté aujourd'hui et que 20 Minutes s'est procuré, l'Ordif (Observatoire régional des déchets en Ile-de-France) tire la sonnette d'alarme sur l'augmentation de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) dans la région. Celle-ci a progressé de 47 % entre 2000 et 2008. « Les Franciliens ne vont pas accepter qu'elle continue d'augmenter comme cela », prévient Eric Chevaillier, président de l'Ordif. Les élus le savent, et « pourraient décider de reporter, ou annuler, certains investissements ou projets. Une très mauvaise nouvelle dans le contexte du Grenelle de l'environnement, qui fixe une diminution de la quantité d'ordures ménagères de 5 kg par an et par habitant dans les cinq ans. »

L'Ordif n'estime pas pour autant que la hausse de ces dernières années est injustifiée. « Il y a eu beaucoup d'investissements réalisés, notamment dans les usines d'incinération ; une deuxième tournée hebdomadaire de collecte sélective a été mise en place à Paris, tout cela s'est répercuté sur la taxe », explique Eric Chevaillier. Il estime cependant qu'il faudrait « tester la redevance incitative, une taxe calculée sur le service rendu ou le poids des déchets, qui permet généralement de diminuer la facture, car le citoyen fait davantage attention à sa quantité de déchets. » Exemple : à Dannemarie en Alsace, le volume des déchets par habitant par an est passé de 205 kg à 104 kg après le passage à la redevance.

La TEOM, assise sur la taxe foncière, est, de surcroît, souvent jugée floue et injuste. Dans une récente question à l'Assemblée, la députée UMP de Paris Martine Aurillac soulignait qu'« un propriétaire d'une résidence principale et de trois garages paiera la TEOM pour tous ces lieux, même si seule son habitation est productrice de déchets. » En Ile-de-France, 97 % des collectivités appliquent la taxe, contre 67 % en France, du fait de la densité de population. « Il est plus difficile d'appliquer la redevance en habitat collectif qu'en secteur pavillonnaire, admet Eric Chevaillier, mais ce n'est pas impossible, grâce à de nouveaux dispositifs à codes-barres. » L'Ordif va solliciter plusieurs communes franciliennes pour qu'elles testent un système de redevance. W