À bord de la ligne 148, sous haute tension

SÉCURITÉ 0Minutes» a suivi les CRS qui encadrent quatre trajets de bus en Seine-Saint-Denis...

William Molinié

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Des policiers escortent le bus 148, de la gare de Bobigny jusqu'au Blanc-Mesnil.
Des policiers escortent le bus 148, de la gare de Bobigny jusqu'au Blanc-Mesnil. — S. POUZET / 20 MINUTES

«Arrêtez de jouer avec les portes.» Il y a encore trois semaines, la réprimande verbale du machiniste aurait pu dégénérer en altercation, voire en agression. Mais mardi soir, veille de jour férié, la présence des trois CRS postés à l'avant du bus dissuade les quelques individus qui empêchaient la fermeture des portes. La ligne 148 est l'une des plus «chaudes» de l'Ile-de-France. Elle relie la gare de Bobigny au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), en passant par le quartier des Tilleuls. Cette même cité où, l'été dernier, des affrontements entre groupes de jeunes ont eu lieu. Un garçon de 17 ans avait été grièvement blessé par balle à la tête. Un autre à l'omoplate. La mauvaise réputation de ce tronçon n'est donc plus à faire.


Incivilités et caillassages

«Vendredi, un jeune a été agressé. Ils l'ont castagné à coups de batte de base-ball», explique une passagère à 20 Minutes. Du coup, le dispositif d'escorte déjà en service sur la ligne 303 a été élargi à trois autres lignes: la 148, la 152 et la 168. Tous les jours, entre 16h et 22h, des CRS assurent la protection des usagers. «On mobilise trois véhicules par ligne. Ce qui fait dix-huit fonctionnaires. Trois ou quatre d'entre eux montent dans le bus. Les autres sécurisent les lieux en amont», détaille le capitaine Laurent Ameteau de la compagnie 42 de Nantes, mise à disposition du préfet de police depuis trois semaines. Objectif? Faire disparaître les incivilités et empêcher les jets de projectiles «à répétition» depuis la rentrée scolaire. «A terme, on voudrait créer une unité spécialement dédiée à la sécurisation des lignes en Seine-Saint-Denis», assure Thierry Lamouret, lieutenant à la sous-direction régionale de la police des transports.


«Quand on sera partis, ils vont vouloir se venger»

Pour l'instant, les jeunes du quartier des Tilleuls ne semblent pas se préoccuper de la présence des policiers. « Tant qu'ils ne me calculent pas, je ne les calcule pas. Qu'ils restent de leur côté et tout se passera bien », explique Sofiane, 18 ans, assis à l'arrière du bus avec son groupe d'amis. L'un d'eux estime tout de même que leur présence «calme les esprits». Arrivés au terminus, ils descendent et rentrent paisiblement chez eux. «C'est sûr que notre présence les dissuade de faire des conneries. Mais après? Quand on sera partis, ils vont vouloir se venger», lâche un brigadier.