Une cérémonie pour les soldats maliens

Sophie Cois

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Au cimetière de Montreuil, hier.
Au cimetière de Montreuil, hier. —

La foule s'impatiente au cimetière de Montreuil (93). La maire, Dominique Voynet (Verts), a un quart d'heure de retard pour la cérémonie de commémoration du 11 Novembre, qui rendait hier un hommage spécial aux anciens combattants maliens morts pour la France. Quand elle arrive enfin, le cortège s'avance avec un symbole fort en première ligne : onze maires maliens venus dans le cadre de la Semaine culturelle malienne défilent avec les élus locaux.

« Nous avons saisi cette opportunité pour les inviter à participer à la cérémonie », explique Dominique Voynet. A la tribune, les discours se succèdent en souvenir des 200 000 soldats, dont 30 000 morts au combat, venus d'Afrique noire pour combattre lors de la Première Guerre mondiale. Mais aucun ancien combattant malien n'est présent. « C'est parfois difficile de trouver des volontaires pour participer », avance un élu. Mais l'actualité s'immisce dans les discours avec le débat sur l'identité nationale. « J'aimerais que les Français soient plus patriotes que nationalistes », lance Ibrahim Coumba Doucouré, le président de l'association des maires maliens. A la fin de la cérémonie, Léon Zyguel, président du foyer des anciens combattants, semble un peu déçu. « Il aurait fallu parler davantage du sacrifice des soldats africains enrôlés de force pour combattre. » W