L'hôpital Saint-Antoine veut garder ses bébés

William Molinié

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La maternité de l'hôpital Saint-Antoine a ouvert ses portes hier aux habitants du quartier.
La maternité de l'hôpital Saint-Antoine a ouvert ses portes hier aux habitants du quartier. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Opération sauvetage à l'hôpital Saint-Antoine (12e). Hier matin, environ un tiers du personnel soignant s'est mobilisé pour protester contre la fermeture de la maternité, envisagée à l'horizon 2015. Dans le cadre du regroupement hospitalier de l'Est parisien (lire encadré), les 2 400 accouchements annuels devraient être transférés vers les hôpitaux Tenon (20e) et Trousseau (12e). Et dès l'année prochaine, Saint-Antoine devrait perdre 1 000 naissances, au profit de Trousseau, un établissement qui accueille 2 600 naissances par an.

L'éventuelle fusion des trois maternités en seulement deux provoque des craintes parmi le personnel hospitalier. « Aujourd'hui déjà, on envoie des femmes enceintes dans ces deux hôpitaux. Ils sont débordés. On va avoir un problème de places », s'indigne Anne Bonini, une des sages-femmes de la maternité. Le Pr Jacques Milliez, chef du pôle maternité-endocrinologie, s'inquiète de la disparition des missions spécifiques, « comme la néonatalogie, où l'on dispose ici de quinze lits qui accueillent les nouveau-nés prématurés », explique-t-il. Les autres services de l'hôpital se sont aussi greffés, hier, à la journée de mobilisation. Dans les couloirs, l'ambiance est aux doléances. « Ni nonnes, ni connes, personnel en souffrance », peut-on lire sur des banderoles. « Dans mon service, on a supprimé quatre postes d'infirmiers en trois ans », s'indigne Mathieu, aide-soignant en hémopathie. « Les cuisines aussi sont en danger. Ils veulent déléguer la préparation des repas à des prestataires de service », poursuit un autre employé, lui aussi syndiqué. La direction de l'hôpital, elle, assure que l'éventuelle réduction du nombre d'accouchements dès l'année prochaine n'est qu'une « hypothèse de travail ». « Rien n'est encore fait. Nous sommes en pleine réflexion sur le plan d'ensemble. Avec une idée forte : rapprocher les spécialités pour une meilleure offre de santé », argumente Didier Hotte, le directeur de Saint-Antoine. W