Blanquer, un recteur investi par sa mission

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Jean-Michel Blanquer, le recteur de l'académie de Créteil.
Jean-Michel Blanquer, le recteur de l'académie de Créteil. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Jean-Michel Blanquer est sur ses gardes. Depuis l'affaire controversée des cagnottes, le recteur de l'académie de Créteil assure que c'est la première interview qu'il accorde à un journaliste. « On a voulu faire croire que l'on donnait de l'argent aux élèves pour qu'ils viennent en cours. C'est faux ! Je n'ai pas envie de revenir dessus », lâche-t-il en guise de préambule. Pas de coup bas, ni de piège, exige-t-il.

A bientôt 45 ans, cet ancien professeur de droit fait figure d'exception au milieu de la photo de famille des cadres de l'Education nationale. Même s'il ne veut pas l'avouer - « il ne veut pas que sa hiérarchie pense qu'il n'est pas dans la lignée du ministre », lâche-t-on dans son entourage -, il a toujours été dynamique et eu l'envie de réfomer. En Guyane, d'abord, où il fut recteur entre 2004 et 2006, s'attachant à lutter contre la déscolarisation. Actif et homme de terrain, il réclame l'académie de Créteil alors qu'il occupait la place de directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien en 2006, à l'époque ministre de l'Education nationale.

D'un phrasé rapide, mais sûr, il énumère les expérimentations qu'il mène dans l'académie depuis son entrée, il y a un an et demi : le compagnonnage, qui donne à chaque titulaire un professeur correspondant plus âgé, le cartable en ligne, la réforme de l'école primaire et la maîtrise des fondamentaux par les élèves - « le défi le plus important », commente-t-il. « Nous sommes ouverts à toutes les bonnes idées. Qu'elles viennent du ministre, de nous, ou bien des directeurs d'établissement eux-mêmes. A Créteil, le mammouth de l'Education s'est transformé en félin », assure-t-il, sourire aux lèvres. Et quand les syndicats lui reprochent sa politique « excessive » d'expérimentation, il les met au défi de « prouver que les élèves en souffrent ». Jusqu'à présent, il a eu le soutien de sa hiérarchie. Mais cela va-t-il durer ? « Il y a des réflexions qui viennent d'en haut et qui disent qu'il fait de l'ombre au ministère », confie à demi-mot un de ses proches. W

W. M.