l'académie de Créteil, une zone de tests

William Molinié

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Depuis un an et demi, plus d'une dizaine d'expérimentations pédagogiques sont testées dans l'académie de Créteil, au risque de froisser un corps éducatif peu habitué au changement. Cagnottes collectives pour les élèves assidus, mallettes d'aide aux parents pour accompagner leurs enfants, internat d'excellence à Sourdun, cartable en ligne... Le projet académique 2008-2011 met en avant l'innovation au sein de l'Education nationale.

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Pourquoi des expérimentations sont-elles menées dans cette académie ?

Le rectorat de Créteil est le second plus important de France en nombre d'élèves. Et le premier en matière d'éducation prioritaire. Le territoire concentre trois départements : la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Un ensemble où grandes villes et petits bourgs très ruraux se côtoient. « Cette grande diversité présente un éventail de situations différentes, ce qui nous oblige à être très pragmatiques », explique le recteur, Jean-Michel Blanquer. Par ailleurs, un professeur sur cinq commence sa carrière dans l'académie.

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Quels tests ont lieu en ce moment ?

A Sourdun (Val-de-Marne), depuis la rentrée scolaire, l'internat d'excellence accueille 116 élèves issus d'un milieu modeste. Dans cette ancienne base du 2e régiment de hussards, ils bénéficient d'un suivi personnalisé pour préparer les diplômes nationaux : bac, BTS, classes préparatoires, ateliers artistiques... Le lycée Jean-Zay à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) expérimente depuis le 5 octobre les équipes mobiles de sécurité (EMS). Sur simple appel du proviseur, ces anciens gendarmes, policiers ou médiateurs assurent la sécurité des élèves. A terme, cinquante EMS devraient s'installer dans cinq établissements. Depuis le mois dernier, une cagnotte collective par classe vise à lutter contre l'absentéisme dans trois lycées professionnels. Cet argent sert à financer des projets de classe (voyages, sorties...). Les expérimentations seront évaluées en juin prochain par l'Ecole d'économie de Paris.

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Qu'en pensent les profs ?

Chaque expérimentation réalisée est volontaire. Il y a donc un appel à projets. Toutefois, plusieurs syndicats ont dénoncé le mois dernier l'image de « cobaye » des élèves. « Créteil est historiquement une académie-test pour le gouvernement. Mais depuis la rentrée, le phénomène s'est accéléré. C'est un écran de fumée parce qu'il n'y a aucune concertation », regrette Etienne Roch, secrétaire académique adjoint à SUD-Education et enseignant au lycée Jean-Macé de Vitry-sur-Seine. W