Jean Sarkozy ou le complexe du « petit con »

— 

« Je sais que j'ai une image de petit con. » Déjà, en juin, Jean Sarkozy confiait à 20 Minutes son malaise de faire de la politique en étant « fils de ». « Il faut que je fasse mes preuves par les urnes », expliquait-il, lucide sur le symbole qu'il représente. Non pas que le jeune homme ne croie pas en sa valeur. Mais « quand je donne mon point de vue, on voit celui de mon père ». La prudence, selon lui, s'imposait donc. Et d'expliquer pourquoi il refusait constamment les nombreux « prime times » que les télés lui proposaient. « Si on me demande ce que je pense de l'Iran, on pensera que ma position est celle de l'Elysée. » Une prudence médiatique mise à mal ces dernières semaines.

Avec la polémique sur sa légitimité à présider l'Epad, Jean Sarkozy a vu se concrétiser avec force ses craintes originelles. Accusations de népotisme, mise à l'index médiatique, happenings associatifs pour le ridiculiser, émoi public jusque dans les rangs de la majorité. Bref, le scénario catastrophe tant redouté. Qui l'a incité finalement à revenir à sa ligne de conduite initiale : ne pas brûler les étapes. Sans pour autant renoncer à ses ambitions, notamment dans les Hauts-de-Seine. Car si Jean Sarkozy est mal à l'aise sur sa filiation, il ne l'est pas sur le fait de chasser sur les terres patrimoniales : « Neuilly, c'est vraiment là que j'ai grandi. J'irais ailleurs juste par calcul ? » Hier, interrogé par France 2 sur une éventuelle candidature à la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine en 2011, il s'est laissé une porte ouverte : « Il sera temps de présenter un projet, il sera temps de l'incarner. » W

Alexandre Sulzer