Le taxidermiste fait de la résistance

Mickaël Bosredon

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Le taxidermiste, une espèce en voie de disparition ? « A l'heure de l'image 3D, on pourrait se demander si cela sert encore de présenter des animaux naturalisés », reconnaît Christophe Gottini*, l'un des quatre derniers taxidermistes de la grande galerie de l'Evolution (GGE) du Muséum d'histoire naturelle. « Mais le public a besoin de voir des animaux. Mon métier est de leur donner une attitude qui leur corresponde. » Il y a quinze ans, le Muséum comptait encore douze taxidermistes. « Mais le métier ne se meurt pas. Il y en aura toujours besoin pour entretenir les collections. Celle de la grande galerie, qui compte quelque 7 000 pièces avec les insectes, est ancienne. De temps en temps, nous remplaçons les animaux, mais nous ne montons plus des expéditions pour en chasser comme dans les années 1930. Nous attendons qu'il y en ait qui meurent, dans les zoos notamment. Et nous conservons nos plus belles pièces, comme notre premier lion, qui date de 1845, en coffre-fort. » Les techniques, elles, ont évolué. On est passé du métal et du plâtre, au polystyrène et au métal inoxydable. « Les animaux se conservent mieux ainsi. » Et plus longtemps.

* Christophe Gottini tiendra une conférence gratuite, dimanche à 15 h, à l'Auditorium de la grande galerie, Jardin des Plantes (5e). www.mnhn.fr.