Le différend commercial avait tourné au drame

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Devant les assises de Paris, vendredi, Lucien M’Baidem reconnaît sa lâcheté. « J’ai été idiot », confesse ce musicien de 35 ans. Il est poursuivi pour avoir provoqué un incendie qui, dans la nuit du 1er au 2 septembre 2001, a causé la mort de deux personnes, dans un immeuble du 3e arrondissement. Le verdict est attendu demain. Ce soir-là, Lucien décide de mettre le feu au paillasson de son producteur avec qui il a un différend. « De l’inconscience », admet son avocat, Henry Leclerc. « J’avais un trop plein de haine, se souvient l’accusé. Je ne pensais plus logiquement à ce moment-là. Pour moi, l’essence sur le paillasson, le feu, c’était que du mobilier. » Mais, en passant par une canalisation de gaz en plomb, le feu se propage directement du 1er au 6e étage. En ouvrant leur porte d’entrée, Antonin Schons, 27 ans, et Eri Tsumura, une Japonaise de 20 ans, provoquent un appel d’air et permettent aux flammes de s’engouffrer chez eux. Le couple est asphyxié dans sa petite chambre avant d’être carbonisé. Lucien M’Baidem s’était livré lui-même à la police, en apprenant, quelques jours après les faits, les conséquences de son « pétage de plombs ». Aux jurés de la cour d’assises, il explique maladroitement : « Je me suis senti comme si j’avais du sang sur les mains. » L’accusation reconnaît que s’il ne s’était pas livré, rien n’aurait permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à lui.

hip-hop Avant son incarcération il y a trois ans, Lucien M’Baidem s’était fait un nom dans le hip-hop en collaborant avec le groupe NTM et avec Joey Starr. Il estimait alors que son producteur, Noël Kaufmann, patron de Lascars production, et décédé depuis, n’avait « pas tenu ses promesses de rémunération ».