Un locataire sur deux reste insatisfait

William Molinié

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Le logement est au coeur des préoccupations des ménages franciliens, locataires ou propriétaires. Il constitue en effet la première dépense d'un foyer. L'étude publiée hier par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)*, réalisée d'après une enquête de 2006, tire en 160 pages une photographie des conditions de logement dans la région. Construction au ralenti, demande supérieure à l'offre, augmentation des loyers, inconfort... L'étude pointe nombre de motifs de mécontentement pour les Franciliens.

Malgré une demande forte et des prix en hausse, la construction en Ile-de-France est en déclin depuis les années 1990. Avec 31 000 résidences principales achevées, le taux de construction a atteint en 2006 son niveau le plus bas depuis trente ans. Un pic à 47 000 avait été observé au milieu des années 1990. Aujourd'hui, le taux francilien est presque deux fois plus bas que la moyenne nationale. « Il semble que les documents de planification, les politiques foncières et de construction aient perdu de leur efficacité », révèle l'enquête.

Les logements loués dans la région sont en moyenne plus chers et moins grands que dans le reste de la France. Entre 2002 et 2006, les loyers ont augmenté de 1,5 % par an, alors que le revenu moyen des locataires n'a progressé que de 0,9 % par an. « Le niveau de vie des ménages ne s'est guère amélioré. Il a même stagné dans la région », complète Sylvie Marchand, la directrice de l'Insee Ile-de-France. La situation est particulièrement difficile « pour un ménage francilien sur cinq », les plus modestes, qui consacrent en moyenne 35 % de leurs revenus à leur loyer, contre 20 % pour l'ensemble des ménages.

Auparavant, la notion de confort ne prenait en compte que des éléments quantitatifs, comme la présence d'eau courante ou de W.-C. Désormais, « l'in­­confort » est apprécié selon des critères qualitatifs : humidité, problèmes d'installation électrique, de chauffage, infiltrations d'eau, façade dégradée... D'ailleurs, 21 % des ménages interrogés évoquent des traces d'humidité sur les murs de leur logement. Les raisons sont multiples (lire ci-contre) et dans un foyer humide sur deux, des défaillances des installations électriques ou de chauffage sont relevées.

Le parc social a perdu sa fonction originelle : constituer une étape dans le parcours résidentiel. Entre 1984 et 2006, la mobilité des Franciliens a baissé de 10,2 points dans le secteur locatif social. Les ménages modestes restent donc plus longtemps dans leur HLM. Désormais, la durée moyenne d'occupation d'un logement social est passée de 8,3 ans en 1984 à 13,1 ans en 2006. « Le parc HLM vacant accueille moins de jeunes couples et de plus en plus de ménages modestes », complète-t-on à la direction régionale de l'équipement.

Le niveau de satisfaction des locataires est passé de 48 % à 53 % en douze ans. Un taux qui reste faible. Parmi les insatisfaits avec enfants, près de la moitié vivent en situation de « surpeuplement accentué », avec au moins deux pièces manquantes pour que leur logement soit adapté à la taille de leur foyer. W

* En partenariat avec l'Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Ile-de-France et la direction régionale de l'équipement.