Quand la région plaide sa cause à Bruxelles

De notre envoyé spécial à Bruxelles, Alexandre Sulzer

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L'agence de lobbying dans ses locaux flambant neufs,à deux pas de la Commission.
L'agence de lobbying dans ses locaux flambant neufs,à deux pas de la Commission. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Ce sont 450 m2 de bureaux au coeur du quartier européen de Bruxelles. Les locaux, fonctionnels et discrets, ne sont qu'à quelques minutes à pied de la Commission, du Parlement et d'une multitude de représentations diplomatiques et économiques. Bienvenue au siège d'Ile-de-France Europe, l'agence de lobbying de la région et des départements du 77, 91, 93, 94 et 95 (Paris, le 78 et le 92 ont choisi de ne pas y adhérer). Elle a ouvert ses portes à 20 Minutes.

Dotée d'un budget de près de 700 000 euros annuels - apportés à 50 % par le conseil régional -, l'association, qui fête ses 10 ans, emploie six permanents et deux stagiaires. « L'Ile-de-France est riche et puissante, mais il faut faire comprendre qu'il existe aussi des poches de pauvreté qui demandent des prises en charge par l'Europe », témoigne Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région, qui inaugurait la semaine dernière les locaux flambant neufs d'Ile-de-France Europe. Les crédits communautaires à récupérer sont en effet le nerf de la guerre. Le Fonds social européen (FSE) - 520 millions d'euros versés à l'Ile-de-France entre 2000 et 2006 - et le Fonds européen de développement régional (Feder) - 140 millions d'euros sur la même période - sont actuellement en négociation. « Mais le lobbying, c'est aussi faire passer des messages aux hommes politiques », confie Patrick Franjou, directeur des affaires européennes à la région. En les convainquant, par exemple, que les zones périurbaines, importantes en Ile-de-France, doivent être prises en compte dans l'élaboration de la politique agricole commune. Ou en invitant à la fin du mois des membres de la Commission à l'inauguration du Lieu du design, dans le 12e, pour les persuader que cet art doit être pris en considération dans les politiques de soutien à l'innovation. « L'administration française était réticente au départ, mais avec la décentralisation, les choses ont évolué, relate Françoise Chotard, la directrice du lobby. Aujourd'hui, toutes les régions ont une représentation à Bruxelles et nous restons petits face aux Länder allemands comme la Bavière ou la Rhénanie du Nord, qui emploient chacun trente à cinquante personnes. » Le commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani, glisse : « Pour faire avancer les dossiers, il faut de bons contacts à la Commission. C'est le secret. » W