L'UMP fête sa victoire à Corbeil, la gauche veut un recomptage

à Corbeil-Essonnes, William Molinié

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Jean-Pierre Bechter et Serge Dassault après des premiers résultats à leur quartier général de campagne, hier soir.
Jean-Pierre Bechter et Serge Dassault après des premiers résultats à leur quartier général de campagne, hier soir. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Visages crispés, traits tirés et regards inquiets... L'ambiance était tendue, hier soir, à l'hôtel de ville de Corbeil-Essonnes (Essonne). Dans la salle du conseil, une centaine de personnes attendaient avec impatience les résultats officiels du second tour des municipales partielles, organisées après l'annulation de celles de mars 2008 par le Conseil d'Etat. Ces derniers n'étaient pas encore communiqués à l'heure où nous bouclions.

Mais pour avoir déjà une petite tendance, il fallait flâner à une centaine de mètres de là, devant la permanence de campagne des Verts. Ceux-ci affirmaient à 22 h que la liste de Jean-Pierre Bechter (UMP) l'emportait avec seulement 26 voix d'écart face à son rival, le communiste Michel Nouaille, soutenu par toute la gauche. Un score très serré : 50,13 % pour la droite et 49,87 % pour la gauche. De son côté, l'entourage du candidat UMP indiquait à l'AFP avoir 100 voix d'avance. « Pour la quatrième fois, M. Dassault est élu maire de Corbeil-Essonnes, a déclaré Jean-Pierre Bechter. C'est moi qui suis élu, mais quand même, c'est lui qui bat le Parti communiste, avec moi. » A la question de savoir qui occuperait le fauteuil de maire, il a répondu : « Lui » (Serge Dassault). « Il occupera son bureau », a-t-il insisté. « Voter Bechter, c'est voter Dassault », avait rappelé à longueur de campagne le candidat UMP. De son côté, Michel Nouaille a demandé le recomptage des voix.

Vers 18 h, au quartier général de la liste conduite par Michel Nouaille, l'ambiance était au travail. Une dizaine de militants s'activaient pour recueillir le taux de participation, principale variable dans l'issue des résultats. « Si les habitants se mobilisent, il se peut qu'on ait davantage de chance de finir premiers », confiait un coordinateur. Ce taux dépassait à peine les 50 % à la fermeture des bureaux.

« Si l'UMP ne passe pas, je quitte Corbeil », confiait Serge Dassault à 20 Minutes avant le premier tour. La fin de l'ère Dassault n'a donc pas sonné. L'avionneur, 84 ans, n'a pas dit son dernier mot. Ancien maire de Corbeil, il a été déclaré inéligible en juin dernier pour avoir effectué des « dons d'argent » à des habitants, ce qui a pu « altérer la sincérité du scrutin », selon le Conseil d'Etat. Il restera donc dans l'ombre de Corbeil-Essonnes grâce à son poulain, Jean-Pierre Bechter, pourtant en ballottage défavorable à la fin du premier tour (30,75 % des suffrages pour l'UMP, contre 51 % pour le PCF, PS et Verts).

Jusqu'à dimanche, la tactique de Bechter a été d'agiter un épouvantail : « S'ils veulent livrer la ville aux communistes, qu'ils le fassent. Ils ont mis cette ville sur la paille », lâchait-il entre les deux tours. Reste qu'avec seulement quelques dizaines de voix d'avance, sa position est inconfortable. W