le coût de pinceau flambe

Alexandre Sulzer

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Les artistes de la place du Tertre (18e) ne peuvent plus voir la majorité municipale en peinture. Et pour cause, le conseil d'arrondissement a voté, la semaine dernière, une augmentation de 346 % de la redevance que paie chacun des 298 peintres, portraitistes et autres silhouettistes depuis 1983, pour avoir le droit d'exercer un jour sur deux sur un mètre carré. Le montant, qui doit être approuvé aujourd'hui au Conseil de Paris, passe ainsi de 80 à 277 euros par an.

« Ils ont toujours été privilégiés et continuent de l'être », fait valoir l'adjointe (PS) au Commerce du 18e, Afaf Gabelotaud, pour qui cette somme est très inférieure « à ce que paie un petit commerçant pour vendre dans la rue ». Une augmentation d'autant plus justifiée, selon elle, car une place « vaut son pesant d'or ». Les artistes en vivraient très bien. « Nous sommes traités comme des chiens, réagit Midani M'Barki, président de l'association Paris Montmartre. 277 euros, pour certains, c'est dur. La question n'est pas tant la somme mais le fait qu'on nous compare à des vendeurs de gaufres ! Les touristes du monde entier viennent nous voir. Sans notre activité, les autres professionnels de la place - comme les cafetiers - ne travailleraient pas. Montmartre, c'est un mot magique mais pas grâce à Daniel Vaillant », le maire (PS) d'arrondissement. Les patrons des bistrots sont plutôt solidaires. Comme Manu, qui travaille sur la place depuis quarante ans. « Le Tertre, c'est un tout, il ne faut pas qu'on se tire dans les pattes ! La mairie ferait mieux de s'attaquer aux peintres ambulants [qui ne paient aucune redevance]. » Plusieurs associations d'artistes envisagent un recours devant le tribunal administratif. W