Le Val-d'Oise en cohabitation

Magali Gruet

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Le département passe à droite, mais son président de gauche reste. Après la victoire, dimanche soir, de l'UMP Philippe Métézeau (58,96 %) lors d'une cantonale partielle à Argenteuil-Est face à une candidate sortante PCF, la majorité du conseil général du Val-d'Oise se trouve renversée, au profit de la droite. Le département était passé à gauche à un siège près lors de l'élection cantonale de 2008. Un équilibre fragile que Philippe Métézeau n'est pas peu fier d'avoir chamboulé. « J'ai profité d'un fort contexte local, où les habitants étaient profondément mécontents de la municipalité car elle avait augmenté les impôts, + 13 % en 2009. La candidate face à moi était adjointe au maire, lui-même conseiller général. Ça a aidé », explique-t-il à 20 Minutes.

Mais, hier matin, l'euphorie de la droite, convaincue de récupérer le département, a quelque peu été contrariée par son président PS. Didier Arnal, en place depuis un an, ne compte pas démissionner car la loi ne l'y oblige pas. Il peut donc continuer à présider. Sans majorité. Scandaleux selon l'UMP, qui crie à l'« anti-démocratie ». « Cette situation va bloquer tous les dossiers car il n'aura pas assez de voix pour les faire voter », prévient Philippe Métézeau. Didier Arnal sera notamment obligé de faire adopter un budget avant mars, mais la tâche s'avère ardue. Une situation bien connue du président PS de la région, Jean-Paul Huchon, confronté au même blocage en 2003 lorsqu'un élu Vert était passé à l'UDF. « Cela avait ralenti les dossiers, il fallait négocier à chaque fois », se rappelle-t-on au conseil régional. W