Un Dialogue avec la police sur les contrôles au faciès

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P. GUELLAND / AFP

Rost n'oubliera pas le ras-le-bol qui l'a décidé à agir.

« J'étais au pied des tours, à Bondy, à discuter avec un ami. En deux heures, nos papiers ont été contrôlés cinq fois... Par le même policier. » Quelques jours plus tard, le rappeur, fondateur de l'association Banlieues actives, débattait sur un plateau de télé avec Jean-François Copé. « J'ai raconté cette histoire. Je voulais que les gens sachent que ce n'est pas du fantasme. Nous sommes réellement harcelés par les contrôles d'identité. »

Banlieues actives, comme la Ligue des droits de l'homme (LDH), AClefeu ou Hui Ji, participera, aujourd'hui, au débat lancé à l'initiative du Collectif représentatif des associations noires (Cran) entre la police et les associations de quartier. « Il s'agit avant tout d'un dialogue contradictoire, prévient Patrick Lozès, président du Cran. Nous voulons faire des propositions pour assainir les relations entre policiers et minorités visibles. » Trois pistes, notamment, seront évoquées : la délivrance d'une attestation lors de chaque contrôle de police, l'identification individuelle des agents par un matricule et la remise d'un « mode d'emploi » du contrôle policier traduit en plusieurs langues. Côté syndicat de police, on va « de bon coeur » à cette première réunion, mais on attend de voir pour s'exprimer. W

Tiphaine Réto