Grève en sous-effectif à la Poste

William Molinié

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Les employés de La Poste dénonçaient hier la baisse des effectifs dans la capitale.
Les employés de La Poste dénonçaient hier la baisse des effectifs dans la capitale. — S. POUZET / 20 MINUTES

Une mobilisation qui passe presque comme une lettre à la poste... A Paris, les guichetiers sont appelés, depuis hier, à s'opposer au « managment par l'intimidation » et à la baisse des effectifs (150 départs n'auraient pas été remplacés dans la capitale). Mais l'appel à la grève lancé par les syndicats CGT, CFTC et FO n'a pas, ou très peu, perturbé le circuit de distribution. D'après les organisations, 40 % des guichetiers ont suivi le mouvement. La direction, elle, fait part d'un chiffre bien plus faible : 17,29 %. Seuls 5 bureaux sur 185 ont fermé.

Pour faire face au manque d'effectifs, certain bureaux ont préféré fermer leurs services financiers, pour n'assurer que les opérations de retrait et de dépôt. « C'est même plus rapide qu'en temps normal, raille Aliénor, venue retirer un recommandé à Château Rouge (18e). Généralement, je fais la queue pendant trente minutes. Là, dix ont suffi. » Le responsable de l'agence finit même par aider ses trois employés derrière le guichet. Dans le 1er arrondissement, drapeaux et mégaphones ont investi les marches du plus ancien bureau de poste de la capitale, rue du Louvre. « On a une vie après La Poste », s'égosille au micro un représentant syndical devant une soixantaine de guichetiers en colère.

Les organisations espèrent que les revendications parisiennes ne seront pas noyées dans le cortège national prévu aujour­d'hui, vers 14 h au départ de Montparnasse (14e) et en direction du Sénat (6e). Le ministre chargé de ­l'Industrie, Christian Estrosi, s'est, déjà déclaré hier « favorable » à des amendements de l'opposition pour renforcer les garanties d'un maintien du caractère public de La Poste. W