« c'est minable ce qu'on a fait »

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Evoquant un règlement de comptes qui a « dérapé », cinq jeunes hommes ont tenté de s'expliquer hier devant le tribunal de Nanterre sur la violente séquestration à Bagneux (Hauts-de-Seine), en février 2008, d'une de leurs connaissances de quartier dont ils auraient voulu se venger. A les croire, c'est parce qu'ils soupçonnaient Matthieu, 19 ans, d'avoir dérobé deux barrettes de résine de cannabis à l'un d'entre eux qu'ils étaient allés le chercher chez lui, en fin de matinée, dans la cité Pablo-Picasso de Bagneux.

La séquestration avait réellement démarré au domicile de l'un des agresseurs présumés, qui vivait chez ses parents dans le même quartier. Une fois la mère partie au travail, les gifles, puis les coups de pied et de poing avaient commencé à pleuvoir sur le jeune homme, rendu fragile par des problèmes d'alcoolisme. Menottée, la victime avait été forcée à boire de fortes doses d'alcool et avait subi plusieurs actes humiliants à caractère homophobe. Son calvaire avait duré environ cinq heures, dans l'appartement, puis dans le box de parking d'un des prévenus, avant qu'il ne soit relâché. Le jeune homme, qui avait déposé plainte au lendemain des faits, était absent à l'audience.

Parlant tour à tour d'un « coup de sang », d'une « mauvaise plaisanterie », ou admettant simplement avoir « dérapé », les cinq prévenus, qui travaillaient pour la plupart au moment des faits malgré des scolarités difficiles, ont paru pour certains dépassés par la gravité des faits reprochés. Deux d'entre eux n'avaient pas de casier judiciaire avant l'affaire : ils encourent de cinq à dix ans de prison. « C'est minable ce qu'on a fait [...]. C'est minable cette histoire », a fini par lâcher l'un des prévenus, Seydou, 23 ans. L'audience doit se poursuivre aujourd'hui. W