Grands blocages pour le Grand Paris

Magali Gruet

— 

L'Etat reprend la région en main. Le « projet de loi Grand Paris » est actuellement sur le bureau des élus franciliens, appelés à faire part de leurs observations d'ici à l'automne, avant l'adoption définitive d'une loi propre à la région Ile-de-France en matière d'urbanisme et de transports. Un travail lancé il y a six mois par Christian Blanc, secrétaire d'Etat à la Région-capitale, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy. Ce document, que 20 Minutes s'est procuré, prévoit la création d'une « société du Grand Paris », contrôlée par un « conseil de surveillance », dans laquelle l'Etat sera majoritaire.

Sa principale mission sera la création d'un nouveau réseau de transports « Grand Paris », un métro en forme de grand huit, d'« intérêt national », et donc piloté par l'Etat. Il offre également au gouvernement des prérogatives en matière d'urbanisme. L'Etat aura par exemple la main sur les abords des gares, avec un « droit de préemption » qui l'habilite à « acquérir par voie d'expropriation » tous les biens ou terrains situés dans un périmètre à définir. Dans tous les cas, les documents d'urbanisme existants au niveau local ou régional devront se mettre en conformité avec les règles édictées par cette « société du Grand Paris ». Et les consultations publiques, destinées à demander leur avis aux Francilens sur des projets, seront désormais organisées par cette société du Grand Paris, et non plus par un organisme indépendant. De quoi faire bondir les élus locaux, et notamment Jean-Paul Huchon, président PS de la région, qui a travaillé sur un schéma directeur de la région Ile-de-France, qui définit les règles d'urbanisme à l'horizon 2030. Hier soir, il annonçait qu'il était candidat à sa propre succession pour les régionales. Il devra mener de front sa campagne et les négociations sur ce texte, qui retirera des prérogatives au président de région. Il explique en exclusivité pour 20 Minutes ses points d'achoppement avec le projet de loi. W