« Je le regrette et je paierai »

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Le procès des meurtriers de David Almeida, 23 ans, tué de plusieurs coups de couteau dans le 9e arrondissement de Paris, en 2005, se poursuit à la cour d'assises de Paris. Dans le box des principaux accusés, trois hommes, têtes baissées, sont encadrés par des policiers : Ouahid Ben Salah, Jawad Ben Idder et Anouar Boukria. Hier, la journée a été consacrée à l'audition de ce dernier. L'affaire débute lorsque Anouar Boukria est agressé. Ce 25 mai 2005, il est roué de coups pour avoir « dragué » une fille. Légèrement blessé, il rejoint des amis place de la République, et les convainc d'y retourner pour obtenir des explications. Le récit du jeune homme de 26 ans est ponctué de silences. La fin de l'histoire, tout le monde la connaît dans la salle : Anouar blessera grièvement un jeune infirme et Ouahid portera un coup de couteau mortel à David. « David n'était au courant de rien, affirme un témoin. Il était là au mauvais moment. »

Anouar Boukria a du mal à lever les yeux. « Je n'ai jamais voulu que ça se termine comme ça. Je le regrette et je paierai », lâche-t-il en s'excusant. « Aujourd'hui, je sais qu'il faut la vérité. » Face à Me Tcholakian, l'avocat des parents de David, le jeune homme s'embrouille pourtant. Difficile de savoir combien de couteaux ont été achetés juste avant les faits, et de savoir pourquoi le jeune homme s'était armé de la sorte pour « obtenir des explications ».

Me Tcholakian s'emporte : « Vous dites qu'après les faits, vous êtes allé dîner. Je n'ai jamais donné de coups de couteau à un homme. Est-ce que ça donne faim ? » L'avocat général, Me Ferlet, prend le relais : « N'aviez-vous donc aucun remords ? » La voix d'Anouar Boukria se perd dans un souffle : « J'avais le remords de n'avoir eu aucune explication. » Le verdict, prévu pour le 15 septembre, pourrait tomber en fin de semaine. W

Tiphaine Réto