Les Parents en colère épinglent le rectorat

William Molinié

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Ces jumelles de 15 ans devaient entrer en seconde hier, mais elles n'ont pas pu.
Ces jumelles de 15 ans devaient entrer en seconde hier, mais elles n'ont pas pu. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

La guerre des chiffres a commencé. En pleine rentrée des classes, un collectif de parents a lancé, hier, sa propre enquête statistique sur les affectations en seconde pour « faire face au manque de transparence du rectorat de l'académie de Paris ». En juillet, ce dernier avançait que « tous les élèves du public qui en avaient fait la demande avaient un établissement ». De leur côté, les Parents en colère* - le nom du collectif - ont compté 2 300 élèves orphelins de lycée (lire encadré).

A l'origine du problème, le logiciel Affelnet cristallise toutes les tensions. Lancé en 2008 pour « créer de la mixité » dans les lycées les plus huppés, il doit répartir les élèves dans l'académie selon plusieurs critères (notes, proximité, préférences, revenus...). Seulement, l'outil informatique se révélerait « inefficace ». Pire, il « bousille la qualité de l'enseignement public », selon Hélène Perroud, à l'initiative du mouvement de parents né dans les salles d'attente du rectorat de Paris. « Des élèves peuvent être affectés à plus d'une heure de transport de leur domicile. Forcément, il y a davantage d'échec scolaire », argumente-t-elle. Le rectorat n'explique pas les chiffres du collectif. « Globalement, le logiciel a bien fonctionné et on va continuer à l'améliorer », justifie Philippe Fatras, inspecteur d'académie chargé du second degré.

Pour l'heure, Parents en colère a déposé une réclamation auprès de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, en évoquant le principe d'égalité de traitement entre les élèves. Leur enquête statistique est disponible en ligne jusqu'au mois d'avril 2010. W

* www.parentsencolere.net.