Coupable, mais « sans intention »

William Molinié

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« Je suis coupable. Paix à son âme. Mais je n'ai jamais voulu causer la mort de ce jeune homme. » Ouahid Ben Salah, 22 ans, a d'entrée contesté l'intention d'homicide devant la cour d'assises de Paris, hier. Il est le principal accusé du meurtre de David Almeida, 23 ans, qui avait été tué à coups de couteau, rue Chaptal (9e), le 25 mai 2005. Le meurtre avait ému les habitants du quartier qui, le soir même, avaient organisé une marche silencieuse. Une semaine plus tard, la brigade criminelle retrouvait la trace des acteurs du drame. David et Ouahid ne se connaissaient pas, ils ne s'étaient jamais vus. Le meurtrier avait en effet confondu la victime avec un autre jeune qu'il recherchait pour venger un ami.

« Il n'y a pas eu d'intention d'homicide. Car il n'a pas porté de coups dans les organes vitaux et lorsqu'il a appris que David était décédé, il s'est rendu aux policiers. Il n'était même pas dans la première altercation. Son geste est à mettre sur le compte d'une forme de solidarité imbécile », argumente dans les couloirs Me Stéphane Sebag, l'avocat de Ouahid Ben Salah. L'analyse des parties civiles est bien différente. « C'est une expédition punitive, il n'y a pas de doute. La vraie question, c'est s'il y a eu préméditation. Nous, on pense que oui », renchérit Me Gérard Tcholakian, l'avocat de la famille Almeida. Lors des prochains jours d'audience, le président a prévu d'attacher de l'importance à l'évaluation des profils psychologiques et sociaux des neuf accusés, dont le principal avait un casier judiciaire déjà lourd, à l'époque, de sept condamnations. Le procès doit s'achever le 15 septembre. W