Des subventions pour plus de son

Alexandre Sulzer

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Jean-Paul Huchon en pleine démonstration d'« Air Guitar » pour « 20 Minutes ».
Jean-Paul Huchon en pleine démonstration d'« Air Guitar » pour « 20 Minutes ». — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Jean-Paul Huchon le reconnaît : « A part Rock en Seine, les dispositifs de la région ne sont pas adaptés aux musiques actuelles et amplifiées. » Comprendre tout, sauf le classique. Le président (PS) d'Ile-de-France, grand amateur de Supertramp ou des Waterboys, va donc proposer d'ici à décembre un système de subventions comparable à celui existant pour le cinéma.

L'objectif est de venir en aide à l'ensemble du secteur, des artistes aux distributeurs en passant par les salles. « Il y a énormément de besoins, explique Vincent Rulot, président de Réseaux en Ile-de-France (RIF), la principale structure interassociative. La musique actuelle a des spécificités différentes des autres spectacles vivants. » Lesquels bénéficient déjà de 12 millions d'euros d'aides annuelles, qui profitent dans leur quasi-totalité à des compagnies théâtrales. Environ un tiers de cette enveloppe pourrait donc être réaffecté à la musique, que Jean-Paul Huchon considère comme plus « démocratique ».

Point clé du futur dispositif : un comité d'écoute, composé d'élus et de professionnels, devrait sélectionner les projets de musiciens à soutenir proposés par les producteurs indépendants. Les semi-professionnels pourraient également bénéficier de « permanences artistiques » afin d'avoir les moyens de répéter et d'enregistrer. Les groupes recevraient une subvention s'ils enregistrent en Ile-de-France, sur le modèle des tournages de films (12 millions d'euros dépensés chaque année). « Aujourd'hui, beaucoup se rendent en Grande-Bretagne ou en Allemagne, où les coûts sont moins élevés », regrette-t-on au conseil régional. Autre sujet de préoccupation : les disquaires indépendants. « Il faudra les aider en période de mutation numérique. » Aujourd'hui, selon la région, il n'en reste plus que huit en Ile-de-France. W