Sublime et effrontée Carmen

Oihana Gabriel

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La rebelle Carmen de retour au bercail. C'est dans ces murs mêmes, ceux de l'Opéra-Comique, que naquit en 1875 la reine de la liberté, la déesse de la sensualité, la bohémienne farouche. Cette fois, Carmen prend les traits de la charmante Italienne Anna Caterina Antonacci.

La soprane se glisse avec une extrême facilité dans ce personnage de femme fatale, entonnant les célèbres airs avec légèreté, passant du vibrato des aigus à une voix plus gouailleuse lorsqu'elle parle. Et si cette Carmen éprise de liberté et parfois drôle, émerveille, la mise en scène d'Adrian Noble est tout aussi éblouissante. Des décors sur deux étages avec un miroir suspendu reflétant les femmes au travail puis une arène de corrida, des scènes de groupe très réussies et qui rappellent la sensualité des peintures d'Ingres, des lumières aux teintes rougeâtres et violacées. Une oeuvre tout indiquée pour un baptême de l'opéra avec ces airs familiers servis par des décors magnifiques. Si vous vous y prenez trop tard, séchez vos larmes, Carmen sera retransmis sur les écrans de la Géode et du Gaumont Marignan le jeudi 25 à 19 h 30.

pratique

De 6 à 115 eur. Les 15, 17, 20, 22, 25, 28, 30 juin à l'Opéra-Comique, 1, place Boieldieu, 2e. M° Richelieu-Drouot. 08 25 01 01 23, www.opera-comique.com.