Parr présente son parradis

Oihana Gabriel

— 

« C'est une maladie », affirme Martin Parr. Il veut parler de son sérieux penchant à collectionner objets et photographies glanés au cours de ses voyages ou encore sur eBay. « C'est une occasion magnifique de montrer certains des trésors que j'ai à la maison. Mais si je dois ramener tout ça chez moi, je vais avoir un petit problème... », reprend avec humour le photographe britannique.

Il présente sa collection particulière disparate, ludique, rappelant sa passion pour la banalité. On débute avec des cartes postales, témoins de l'actualité au XIXe, avant les médias. On découvre ensuite des clichés de photographes britanniques. « Je suis photographe et je pense que ça fait partie de ma mission de montrer l'évolution de la photographie. J'ai voulu donner un coup de pouce à certains artistes qui ne reçoivent pas le même soutien en Grande-Bretagne qu'en France », ajoute-t-il. Dans une section internationale, on retrouve quelques-uns de ces maîtres : Cartier-Bresson ou William Eggleston. Deuxième étage, plongée dans la dérision. Dans l'escalier, on jette un coup d'oeil à des plateaux décorés. Ce sont ensuite une déclinaison d'objets insolites : des montres avec la tête de Saddam Hussein, des réveils arborant le portrait de Staline. « J'aime cette banalité que l'on retrouve dans mes photos », analyse Martin Parr. Mais la meilleure partie de cette drôle de planète n'est autre que les clichés de l'artiste, notamment sa série « Luxe ». « J'ai photographié ces riches avant la crise. Maintenant, on a l'impression que c'est la fin d'une époque. C'est intéressant de voir le ton d'une exposition changer... », conclut Martin Parr.

Pratique

Planète Parr. De 4 à 6 eur. Tlj sauf lundi jusqu'au 27 septembre au Jeu de paume, 1, place de la Concorde, 8e. M° Concorde. www.jeudepaume.org.