la sécurité du Grand Paris sous un commandement unique

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La première branche du Grand Paris sera... sécuritaire. Courant octobre, un décret devrait permettre à la préfecture de police de Paris d'étendre son autorité sur les Hauts-de-Seine (92), le Val-de-Marne (94) et la Seine-Saint-Denis (93) en plus de celui de la capitale. Ainsi, pour assurer la sécurité de 6,4 millions habitants de la zone, les 45 000 policiers et pompiers seront désormais sous les ordres d'un seul homme : Michel Gaudin, préfet de police de Paris.

La conséquence principale est opérationnelle. « En 2005, pendant les émeutes de banlieue, aucun policier parisien n'a franchi le périphérique à cause des lourdeurs administratives », explique la préfecture. Après la réforme, « en cas de coup de chaud », les fonctionnaires pourront passer les frontières départementales avec la création, à l'échelle de l'agglomération, de deux nouvelles unités : une brigade anticriminalité (BAC) de nuit et une compagnie de sécurisation de jour. En tout, 26 000 hommes issus d'effectifs existants, sous un commandement unique. L'architecture du projet est actuellement soumise à l'évaluation des syndicats de police. « Notre crainte, détaille Franck Fievez d'Unité police, c'est d'avoir un joli paquet-cadeau avec un contenu vide. Si on crée de nouvelles unités, il faut étoffer les effectifs. Or, on est dans un schéma inverse. Le risque, c'est de déshabiller Paul pour habiller Pierre. » « C'est le but, rétorque la préfecture. A Paris, sur 100 délinquants interpellés, 55 ne sont pas parisiens et 25 viennent de la petite couronne. Il faut qu'on soit aussi souples qu'eux géographiquement. » Autre crainte, le pouvoir donné à Michel Gaudin, artisan de la réforme et jugé proche de Nicolas Sarkozy. « Le préfet est d'abord le chef d'une autorité administrative. Il a travaillé sous la droite comme sous la gauche, répond la préfecture. L'idée, c'est surtout de mutualiser les moyens. » W

D. T.