Les Konaté ont leur appart du gâteau

Lise Martin

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« Le combat est terminé. » Sourire éclatant scotché aux lèvres, Karamoko Konaté raconte son histoire avec plaisir et force détails. Lorsque 20 Minutes l'avait rencontré, en février, il venait d'apprendre que le tribunal de Paris condamnait l'Etat à le reloger dans un appartement « décent et durable ». Avec sa femme et ses enfants, il faisait partie des toutes premières familles à obtenir gain de cause grâce à la loi dite « droit au logement opposable » (Dalo).

« Ça a pris plus longtemps que les deux mois prévus, raconte Karamoko, agent de ménage originaire du Mali. Alors chaque lundi, j'appelais la préfecture. » Et sa persévérance a fini par payer. Depuis le début de la semaine, les Konaté ont intégré leur nouveau logement. Un quatre-pièces de 80 m2, baigné de soleil, dans un immeuble presque coquet du 19e, avec baies vitrées et vue dégagée sur la future école des enfants. Rien à voir avec les hôtels meublés occupés pendant quatre ans et le 30 m2 loué 869 euros dans le 10e, les trois années suivantes. « On s'y entassait à cinq. Et comme ma femme attendait un quatrième enfant, ça devenait intenable. » Seydou, le petit dernier, a désormais 4 mois, et « depuis qu'on a emménagé, il dort comme un fou ! » Les trois grands sont, eux aussi, ravis. Mariam, l'aînée, imagine déjà inviter ses copines pour son anniversaire, tandis que Nassira, 4 ans, s'extasie sur la présence d'une baignoire au bout du couloir. « Le loyer est beaucoup moins élevé qu'avant, seulement 722 euros, et je vais recevoir des aides », explique Karamoko, qui gagne 1 300 euros par mois. Il ne reste plus qu'à trouver un canapé et à déballer les grands sacs en plastique et les valises dans lesquelles sont encore entassées leurs affaires. « Dès qu'on sera bien installés, on fera une vraie fête à la maison. » W