Sans-papiers devant la Bourse du travail: Le début d'une «nouvelle impasse après 14 mois d'impasse»

PARIS Mercredi, la CGT a tenté de les déloger, ils sont revenus...

Avec agence

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Des personnes sans-papiers sont assises le 24 juin 2009, à Paris, devant les locaux de la Bourse du travail, affectés à la CGT, après avoir été délogés par la police à la demande du syndicat.
Des personnes sans-papiers sont assises le 24 juin 2009, à Paris, devant les locaux de la Bourse du travail, affectés à la CGT, après avoir été délogés par la police à la demande du syndicat. — AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

Des sans-papiers, évacués mercredi de la Bourse du travail à Paris par la CGT dont ils occupaient des locaux, se sont installés sur le trottoir en face du bâtiment, sous surveillance policière, ont indiqué ce jeudi des sources concordantes.

«Environ 150 personnes se sont installées sur des matelas, y compris des enfants», a déclaré Richard Moyon, membre du Réseau éducation sans frontières (RESF). «C'est le début d'un nouveau Cachan», a-t-il ajouté, faisant référence au squat géant qui avait eu lieu en 2006 dans le Val-de-Marne.

Le début d'une «nouvelle impasse après 14 mois d'impasse» que dénonce Olivier Villeret, de l'union départementale 75 de la CGT. Il était sur place quand «des militants aguerris au service d'ordre» sont intervenus pour reprendre possession de leurs locaux. Pas d'élément déclencheur, selon lui, juste la constatation que les sans papiers ont refusé «systématiquement toutes les propositions de sortie de crise» et «toutes les tentatives de dialogue», comme il l'a expliqué à 20minutes.fr.

Cagoules, barres de fer, et gaz de lacrymogène

La préfecture de police de Paris a confirmé que des personnes s'étaient installées sur le trottoir de la rue Charlot (3e), mais sans donner de chiffres. Elle a indiqué que des forces de police étaient sur place, mais que «la situation était calme», vers 1h15 du matin.

La coordination nationale des sans-papiers a fait état mercredi d'une intervention d'«une centaine de nervis du service de sécurité de la CGT portant des cagoules, armés de barres de fer, de bâtons, de gaz lacrymogènes» pour les déloger. «Ca tient du fantasme», rétorque Olivier Villeret, qui reconnaît que «quelques dizaines de militants sont intervenus».

Aucun enfant sur place selon la CGT

«Il y a eu échange de coups», reconnaît-il, racontant que la vingtaine de sans papiers qui a refusé d'évacuer a jeté «des bancs, des chaises, des caddies» sur les syndicalistes. Il note cependant qu'aucun blessé n'a été à déplorer, et réfute les affirmations selon lesquelles des enfants étaient présents.

La coordination avait aussi fait état de l'usage de gaz lacrymogènes par la police - qui n'a pas participé à l'évacuation, et aurait été prévenue par des passants, selon Olivier Villeret - après la fin de l'occupation pour disperser les sans-papiers se trouvant devant la Bourse du travail. Selon la préfecture de police, il a été fait usage d'un seul aérosol lacrymogène, lorsqu'un manifestant s'est violemment opposé aux forces de police.

Les locaux occupés depuis mai 2008

Deux cents personnes environ occupent depuis le 2 mai 2008 plusieurs étages de la Bourse du travail affectés à l'union départementale (UD) CGT , une action engagée au départ pour «demander une aide à la régularisation de leur dossier» selon Bernadette Citot, responsable de la communication à l'UD.

«Dès les premiers jours, il y a eu une certaine animosité», rapporte Olivier Villeret. Il ignore pour l'heure quand la CGT pourra réintégrer ses locaux, mais «espère qu'il n'y aura pas de tension». «Ce qui s'est passé est choquant, y compris pour les militants qui ont mené l'opération», déplore-t-il avant de conclure: «Ce n'est pas dans l'ordre des choses, nos adversaires ne sont pas les travailleurs».


La CGT évacue des sans-papiers par la force
envoyé par liberation. - L'info video en direct.