Blanc-Mesnil: Une rixe entre bandes fait trois blessés par balles

SEINE-SAINT-DENIS L’un d’entre eux serait dans un état de mort clinique...

Avec agence

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Après plusieurs jours de tension, une rixe entre jeunes de deux cités sensibles du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) s'est soldée dans la nuit de samedi à dimanche par un mort et deux par balles.
Considéré en état de mort clinique depuis dimanche matin, un jeune homme de 18 ans blessé à la tête est décédé dimanche soir. Un second blessé, lui aussi né en 1991, a été touché par balle dans le dos et est actuellement soigné à l'hôpital Bichat (Paris, XVIIIème). Son pronostic vital ne serait pas engagé.

Un contentieux depuis quelques jours

Le parquet de Bobigny a fait état dimanche, à la mi-journée, d'un troisième blessé - à la main -, plus légèrement touché.
«Il y avait un contentieux entre les jeunes depuis deux ou trois jours. On sentait cela monter en puissance», a raconté une source policière. Interrogé par l’AFP, le cabinet de la préfecture de Seine-Saint-Denis a expliqué que des affrontements éclataient fréquemment entre jeunes dans ce secteur du Blanc-Mesnil, autour des deux cités, celle des Tilleuls et celle des 212.

Un fusil à pompe retrouvé

Un premier affrontement entre jeunes avait été signalé dans la soirée de samedi et la police était intervenue vers 22h avant de revenir une nouvelle fois, peu après minuit, alertée par des habitants.
Selon le parquet de Bobigny, un fusil à pompe a été saisi sur les lieux. La police a précisé pour sa part que le jeune homme blessé à la tête a été atteint par une arme de gros calibre et le jeune homme touché dans le dos par une arme de petit calibre. Onze jeunes, dont trois mineurs, ont été placés en garde à vue et sont actuellement entendus par la brigade criminelle à qui a été confiée l'enquête.

Mauvais échanges de regards...

Toutes les personnes impliquées dans la rixe seraient très jeunes. Le plus âgé de gardés à vue serait né en 1987. Toujours selon la police, il ne s'agirait pas d'une affaire de drogue mais de «mauvais échanges de regards» entre jeunes. Alors que les députés s'apprêtent à plancher mardi sur une proposition de loi de Christiant Estrosi qui envisage de punir de prison la participation à une bande violente, le ministère de l'Intérieur restait dimanche matin très réservé sur la nature de ce drame.

La police en sous-effectifs

«Pour le moment, nous attendons les résultats de l'enquête, a-t-on déclaré. Il faut rester prudent, on ne sait pas s'il s'agit de bandes rivales». Le maire communiste du Blanc-Mesnil, Didier Mignot, a appelé dimanche matin «au calme et au sang froid». Il a rappelé, devant la presse, son souhait depuis «près d'un an» de la «création d'une unité territoriale de quartier (Uteq)» dans sa commune. «Je ne cesse de réclamer plus généralement un renforcement des effectifs du commissariat de police du Blanc-Mesnil où il manque une quarantaine de postes. (...) Les événements de cette nuit confirment l'urgence de ces exigences», a-t-il conclu.