Béluga égaré dans la Seine : Trois choses à savoir sur le sauvetage du cétacé

RECAP' La préfecture de l’Eure a annoncé une tentative de sauvetage, ce mardi soir, du cétacé bloqué dans le fleuve depuis une semaine

20 Minutes avec AFP
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Une baleine Beluga dans la Seine à Notre Dame de la Garenne, à l'ouest de Paris.
Une baleine Beluga dans la Seine à Notre Dame de la Garenne, à l'ouest de Paris. — AP/SIPA
  • Repéré mardi dernier dans la Seine, un béluga de quelque quatre mètres et 800 kg est dans un état sanitaire jugé « préoccupant ».
  • La préfecture de l’Eure a annoncé une tentative d’extraction ce mardi soir afin de tenter de sauver l’animal.
  • 20 Minutes fait le point sur ce sauvetage qui s’annonce « hors du commun ».

Une semaine que le pauvre cétacé est coincé dans la Seine. La présence exceptionnelle d’un béluga de quatre mètres et environ 800 kg dans le fleuve, à 70 km de Paris, suscite depuis un vif intérêt. Et ce, au-delà des frontières françaises, avec un afflux de dons de fondations, d’associations et de particuliers pour tenter de sauver le cétacé.

Une opération pour extraire l’animal marin est prévue pour ce mardi soir, selon la préfecture de l’Eure, l’animal étant coincé dans un bassin de la Seine à Saint-Pierre-La-Garenne. Une membre de l’équipe du Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes), arrivée lundi soir sur les lieux, a indiqué que l’opération serait « hors du commun ».

C’est quoi cette histoire de béluga dans la Seine ?

Mardi dernier, un animal marin, rapidement identifié comme un béluga, est repéré dans la Seine, à proximité d’une écluse, à environ 70 km de Paris. Il s’agit d'« une espèce protégée de cétacé vivant habituellement dans les eaux arctiques, subarctiques et dans l’estuaire du Saint-Laurent au Québec », précise la préfecture dans un communiqué. D’emblée, l’état sanitaire du cétacé, qui semble s’être égaré, est jugé « préoccupant » par différents services tels que les sapeurs-pompiers, le SNSM (sauveteurs en mer), l’Office français de la biodiversité (OFB), le Groupe d’étude des cétacés du Cotentin (Geec) et le laboratoire Pelagis. Le béluga présente en effet « des altérations cutanées et est amaigri ».

Comment le cétacé a-t-il été sauvé jusqu’à présent ?

L’urgence est alors « de le nourrir pour éviter qu’il ne subisse le même sort que l’orque retrouvée morte de faim » dans le même fleuve fin mai, a rapidement expliqué la présidente de l’association de défense des océans Sea Shepherd, Lamya Essemlali. « Le milieu n’est pas très accueillant pour le béluga, la Seine est très polluée et les cétacés sont extrêmement sensibles au bruit, or la Seine est très bruyante avec sa navigation très importante », a-t-elle ajouté.

La préfecture de l’Eure a fait savoir que « Sea Shepherd France avait proposé (…) de mettre en place des tentatives de sauvetage et de nourrissage » (harengs morts ou truites vivantes) et que « le préfet de l’Eure (…) avait décidé d’accompagner et de sécuriser ces actions, dans le respect de l’animal et de ses besoins ». Cependant, l’animal est resté « très fuyant », « même en tentant de l’approcher avec beaucoup de précautions, c’est difficile », a indiqué Gérard Mauger, vice-président du Geec. Le cétacé n’a, de plus, pas répondu aux « tentatives de guidage », selon la préfecture, indiquant que « les services engagés allaient être désormais le moins intrusif possible » afin d’éviter de le stresser.

L’animal qui refusait de se nourrir a finalement été isolé dans l’écluse de Notre-Dame de la Garenne près de Vernon, à 70 km au nord-ouest de la capitale. « L’euthanasie du béluga a été écartée », a déclaré Lamya Essemlali, alors que l’ouverture de l’écluse était envisagée afin de le laisser finir sa vie « comme quelqu’un de très malade ». L'extraction a été l'option retenue, elle aura lieu ce mardi soir. 

Pourquoi cette opération de sauvetage est-elle « hors du commun » ?

Ce mardi, la préfecture de l’Eure a annoncé finalement une tentative d’extraction du béluga. « Une opération de transport du béluga égaré dans la Seine va être tentée dans la soirée », selon la préfecture, qui pilote l’opération pour sauver l’animal évoluant habituellement dans des eaux froides. L'opération s’annonce « hors du commun », selon Isabelle Brasseur, membre de l’équipe du Marineland d’Antibes (Alpes Maritimes), arrivée lundi soir sur place. Dans le cas présent, « ce qui est hors du commun, c’est le lieu », a-t-elle relevé. Les berges de la Seine « ne sont en effet pas accessibles aux véhicules » à cet endroit et « tout doit être transporté à la main ».

Le béluga sera transporté par route vers un lieu non précisé. Pour la spécialiste, « la priorité est de le remettre dans l’eau de mer ». L’animal devrait alors être déposé pour quelques jours dans un sas à eau de mer, le temps d’être soigné, avant d’être emmené au large pour y être relâché. 

Dans ces manipulations, « on va tout au long faire les différents examens pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de temps mort, de temps perdu (…) le vétérinaire va procéder d’abord à un examen visuel, puis une prise de sang, prélever un échantillon respiratoire, etc. », a développé Isabelle Brasseur. Interrogée sur la faisabilité d’une telle opération, étant donné la taille et le poids du béluga, elle a fait valoir que le Marineland avait dans le passé assuré l’extraction et le transport d’animaux plus imposants, comme une orque née à Antibes et transportée vers les Etats-Unis.