Grand Paris Express : Pourquoi les nouveaux noms de stations de métro sont-ils si consensuels ?

TRANSPORTS Ile-de-France Mobilités vient de dévoiler les noms des futures stations de la ligne 14 et l’originalité n’est pas leur point fort

Guillaume Novello
Voici donc la future station Villejuif-Gustave Roussy de la ligne 14.
Voici donc la future station Villejuif-Gustave Roussy de la ligne 14. — G. Novello
  • Ile-de-France Mobilités, qui organise les transports dans la région, a dévoilé les noms de quatre stations nées du prolongement de la ligne 14 : Saint-Denis Pleyel, Hôpital Bicêtre, Villejuif-Gustave Roussy et L’Haÿ-les-Roses.
  • Des noms soumis à consultation publique, mais qui ne brillent pas par leur originalité.
  • S’ils restent si consensuels, c’est parce qu’ils doivent remplir une série de critères destinés à faciliter la vie du voyageur.

Saint-Denis Pleyel, Hôpital Bicêtre, Villejuif-Gustave Roussy, L’Haÿ-les-Roses… Voici donc les noms des futures stations nées du prolongement de la ligne 14, comme l’a dévoilé mercredi Ile-de-France Mobilités (IDFM) dans un communiqué. Difficile de soulever l’enthousiasme devant des appellations aussi consensuelles. Oui, mais les Franciliens ont voté, répondront certains. Et ils auront raison puisque les noms ont été soumis à consultation publique du 20 juin au 4 juillet. Sauf que les alternatives ne faisaient rien de plus pour dresser les poils. Jugez-vous même pour la station au nord de la ligne, on avait le choix entre : Saint-Denis Pleyel, Carrefour Pleyel ou encore Ignace Pleyel… On tombe de notre chaise.

Alors pourquoi si peu de fantaisie ? Tout simplement parce qu’un nom de station, avant de faire joli, ça doit renseigner le voyageur. Et répondre à certains critères qu’IDFM a listés pour nous. Le premier d’entre eux est géographique car le nom doit « tenir compte de la toponymie du lieu d’implantation de la station », précise l’autorité organisatrice des transports dans la région. Elle ajoute « le nom a pour vocation première d’aider les voyageurs à se repérer facilement, c’est pourquoi on trouve des noms de rues (Rennes, Raspail), l’indication d’un espace ou d’un bâtiment public ou remarquable (Mairie de Montrouge, Place d’Italie, Père Lachaise), ou plus simplement le nom de la ville où elle se situe ».

« Perturber le moins possible les habitudes des usagers »

Il y a ensuite des règles particulières. Pour savoir plus facilement quelle est la destination de la ligne, le « nom du terminus doit inclure le nom de la commune d’implantation ». Malin et bien pratique. Evidemment, le nouveau nom ne doit pas déjà exister pour éviter les confusions et les rencards manqués. D’autre part, IDFM précise que « pour des raisons techniques et d’accessibilité, les noms […] doivent être courts et faciles à comprendre pour tous les voyageurs ». Enfin, dans le cadre du Grand Paris Express (GPE) qui prévoit 68 nouvelles stations, une grande partie d’entre elles seront en correspondance. Dans ce cas, on conserve le nom afin de « perturber le moins possible les habitudes des usagers et de maîtriser le coût financier que cela pourrait engendrer ».

Les lecteurs attentifs et les fanas du rail objecteront que la nouvelle station Barbara sur la portion sud de la ligne 4, ne répond pas vraiment au premier critère. En fait si, puisque la chanteuse, à qui la station rend hommage, repose au cimetière de Bagneux tout proche. Et surtout, cette nomination participe au désir d’IDFM de valoriser le patrimoine culturel, notamment dans une visée touristique. Ainsi, il « veille à ce que le nom des sites culturels et touristiques emblématiques (dès lors que leur fréquentation est significative) soit inclus dans le nom de la gare/station, assurant ainsi cohérence et sobriété dans le réseau, comme c’est le cas avec le Grand Palais, le Parc de la Villette ou le Centre Georges-Pompidou ».

En résumé, on ne peut pas faire n’importe quoi dans la nomination des stations. Peu de chances donc d’avoir un jour une station « Les Forbans ». En plus la procédure de sélection du nom ne se fait pas sur un coin de table. Une liste de noms respectant les critères cités plus haut est établie et discutée entre IDFM, le maître d’ouvrage et les communes desservies afin de « garantir la cohérence régionale et locale ». Puis, sur volonté de Valérie Pécresse, présidente d’IDFM et de la région, la liste est soumise au vote des Franciliens. Ainsi, les 16 nouvelles stations du GPE qu’il faudra nommer, en plus des 4 de la 14, seront baptisées après une consultation publique. Pour les nouvelles stations de la ligne 4 (Barbara et Bagneux-Lucie Aubrac), 30.000 Franciliens avaient donné leur avis. La prochaine consultation aura lieu en novembre prochain, alors insufflez un peu de folie dans les noms de station !